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Articles
La charia, le « riba » et la banque
samedi 29 septembre 2007 - par Khalid Chraibi
Un courant religieux conservateur, prenant naissance dans les Etats du Golfe, se propage depuis plusieurs années dans les autres pays musulmans, s’étendant à de nombreux aspects de la vie quotidienne. Par exemple, sous l’influence des prédicateurs du Moyen Orient, des Marocains se demandent, aujourd’hui, (comme beaucoup de musulmans résidant en Europe et en Amérique du Nord), si les opérations de banque moderne sont conformes à la charia, alors que d’autres citoyens n’hésitent pas à affirmer que seules les opérations des « banques islamiques » sont « halal ». Cette influence des Etats du Golfe sur la culture des musulmans résidant dans d’autres pays, ressort clairement de la question posée, au cours de l’été 2006, au prédicateur qatari Yusuf al-Qaradawi, alors en visite au Maroc : un Marocain peut-il licitement contracter un prêt à intérêt auprès d’une banque marocaine, pour financer l’achat d’un logement, puisqu’il n’existe pas au Maroc de banques offrant des « produits islamiques » ? Le prédicateur s’est référé à une décision du Conseil Européen de la Fatwa, qui autorise les minorités islamiques vivant en Europe, sans accès à des banques opérant selon les règles de la charia, à prendre de tels prêts, en se basant sur la règle : « La nécessité abolit les interdits » (addarouratou toubihou al mahdhourat). D’après lui, cette règle s’applique parfaitement au cas marocain. L’influence des prédicateurs du Moyen Orient sur les Marocains, en matière de choix bancaires, s’amplifiera, sans doute, au cours des prochaines années, du fait que Bank al Maghrib a maintenant autorisé le système bancaire national à commercialiser des « produits islamiques » sélectionnés, dans le cadre de « fenêtres » spécialisées. Le revirement des autorités marocaines, qui se sont opposées au cours des deux dernières décennies à ce genre d’opérations, s’explique, entre autres, par l’engagement des opérateurs des pays du Golfe à investir plusieurs milliards de dollars dans l’économie marocaine, à la seule condition qu’on leur fournisse les « conduits » adéquats. Au cœur du débat sur les institutions bancaires des deux types, on trouve le concept d’intérêt. La banque moderne l’applique dans ses opérations, alors que la banque « islamique » en nie l’utilisation. Or, dans l’esprit de nombreux musulmans, le concept d’intérêt est inextricablement lié à celui de « riba », que le Coran interdit de manière explicite et sans équivoque. Le riba recouvre en premier lieu l’usure, sur l’interdiction de laquelle il y a unanimité. Mais, d’après une majorité des oulémas, il englobe aussi « l’intérêt sous toutes ses formes ». Mais, de nombreux experts estiment, depuis le milieu du 19è s., que l’extension de la notion de riba aux intérêts bancaires, sur la base du « qiyas » et de l’ijtihad, s’est faite sur des bases juridiques discutables, dans la mesure où les opérations de banque moderne sont de nature totalement différente de ce qui existait en Arabie, au temps de la Révélation. En effet, ce n’est qu’aux 19è et 20è s., suite à l’occupation de différents pays musulmans par des Etats européens, que les structures bancaires modernes, utilisant des instruments financiers incorporant le concept d’intérêt, ont fait leur apparition dans ces pays. Les oulémas ont assez rapidement compris le fonctionnement du système, et réalisé que l’intérêt constituait une rémunération justifiée du capital financier et de l’épargne. C’est ce qui explique que, depuis un siècle et demi, les Grands Muftis d’Egypte et Sheikhs d’Al-Azhar, ayant assimilé cette conclusion, déploient des efforts théoriques considérables pour établir la différence entre les intérêts bancaires (aux retombées économiques positives et donc souhaitables) et le riba prohibé. Ce n’est guère le lieu de citer, ici, toutes les fatwas significatives énoncées sur ces questions, en Egypte, pendant le dernier siècle. Muhammad Abduh, Mahmud Shaltut, Muhammad Sayyed Tantawi ou Nasr Farid Wasil (tous Grands Muftis d’Egypte et Sheikhs d’Al-Azhar), sont les auteurs de textes importants, pour ne citer que certains des noms connus sur le plan international. Tous ces éminents experts de la charia considèrent que l’assimilation du riba à l’intérêt bancaire est discutable, et constitue une interprétation abusive des règles du droit musulman. Abd al Mun’im Al Nimr, ancien ministre des Habous d’Egypte, fournit une bonne illustration de ces propos : « L’interdiction du riba se justifie par le tort porté au débiteur. Mais, puisqu’il n’y a aucun tort porté aux personnes qui procèdent à des dépôts dans une banque, l’interdiction du riba ne s’applique pas aux dépôts en banque. » Des raisonnements similaires s’appliquent aux divers autres aspects des opérations bancaires. Quand on limite le domaine du riba à celui de l’usure, comme le font ces juristes islamiques éminents, la banque moderne n’est plus concernée par le riba, puisqu’elle ne se livre pas à l’usure. Et c’est exactement cela le raisonnement marocain en la matière, par exemple. Quant à la proposition selon laquelle les activités des banques islamiques n’incorporent pas d’intérêt, elle soulève un débat de fond. D’après certains, ces banques se contenteraient, dans certains cas, de procéder à des manipulations sémantiques, substituant un mot à un autre (« loyer » au lieu d’ « intérêt », par exemple) ou introduisant des étapes multiples dans une procédure (rédaction de deux contrats au lieu d’un seul), pour atteindre leurs buts lucratifs, tout en respectant, en apparence, les stipulations de la charia. Cela ferait partie des « hiyals » (ruses juridiques) dans lesquelles les théologiens musulmans sont passés maîtres, au cours des siècles. Ainsi, par exemple, un musulman habitant aux Etats-Unis, et cherchant à acheter un logement en utilisant un crédit bancaire, s’est adressé simultanément à une banque américaine conventionnelle et à une banque islamique opérant aux Etats-Unis pour obtenir leur devis au sujet du coût global de l’opération. A sa grande surprise, le devis de la banque islamique était plus élevé que celui de la banque conventionnelle américaine. Il s’est adressé à un site islamique d’internet, pour essayer d’obtenir une explication. Un théologien renommé lui a répondu qu’il y avait encore peu de banques islamiques opérant aux Etats-Unis, d’où les devis élevés de ces dernières. Mais, continuait-il, la situation ne manquera pas de s’améliorer, à l’avenir, quand il y aura suffisamment de banques islamiques en activité sur le territoire américain, pour les obliger à baisser le prix de leurs prestations du fait de la concurrence. La question que le théologien n’a pas abordée dans sa réponse, et qui est pourtant importante, est la suivante : « Si le devis de la banque islamique qui n’applique pas d’intérêt est supérieur à celui de la banque conventionnelle qui en applique un, quel est l’avantage pour le consommateur qu’une banque n’applique pas le taux d’intérêt assimilé au riba, si elle lui fait payer des commissions et des frais d’un montant supérieur à celui qu’impliquent le taux d’intérêt et les frais des banques conventionnelles ? » Car, il faut bien le constater, le prêt sans intérêt de la banque islamique lui revient plus cher (ou dans le meilleur des cas aussi cher) que le prêt avec intérêt de la banque conventionnelle. Ce n’est certainement pas l’objectif recherché par l’islam, quand il dénonce la pratique du riba. Mots clésKhalid ChraibiEconomiste (U. de Paris, France, et U. de Pittsburgh, USA), a occupé des fonctions de consultant économique à Washington D.C., puis de responsable à la Banque Mondiale, avant de se spécialiser dans le montage de nouveaux projets dans son pays. Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article1er octobre 2007
Aziza a dit :
Merci pour cet article qui donne à réfléchir. Très intéressant et qui se différencie des analyses simplistes que certains nous servent derrière des discours religieux moralisateurs.
1er octobre 2007
Urluberlu a dit :
D’un coté l’auteur se plaint du fait que certains suivent des savants du moyent orient et de l’autre il ne voit pas d’inconvenient à ce que Cheick Qardawi compte parmi les savants du conseil EUROPEEN de la fatwa... Le fait que l’auteur prenne pour reference un representant de l’etat egyptien (Abd al Mun’im Al Nimr, ancien ministre des Habous d’Egypte) porte prejudice à la l’objectivité de l’article. Pour terminer, je ne suis pas adepte du "rigorisme textuel" mais quand un texte ne se prete pas a interpretation, je ne me pose pas de question et "j’essaye" d’appliquer... Source http://www.oumma.com/coran/ S 2 - V 275. Ceux qui mangent [pratiquent] de l’intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu’ils disent : "Le commerce est tout à fait comme l’intérêt" Alors que Dieu a rendu licite le commerce, et illicite l’intérêt. Celui, donc, qui cesse dès que lui est venue une exhortation de son Seigneur, peut conserver ce qu’il a acquis auparavant ; et son affaire dépend de Dieu. Mais quiconque récidive... alors les voilà, les gens du Feu ! Ils y demeureront éternellement. S3 - V130. Ô les croyants ! Ne pratiquez pas l’usure en multipliant démesurément votre capital. Et craignez Dieu afin que vous réussissez ! 30 septembre 2007
ibn 3affan a dit :
Salam, Je voudrais apporter ma contribution à vos articles pour la grande majorité très instructive. Pour ma part, ma position vis à vis de la prise d’intérêt sur un prêt est que son interdiction fait suite à un but de justice : celui qui prête très généralement s’enrichit, celui qui emprunte s’enlève un épine d’une pied mais cela reste au bénéfice du prêteur plus aisé qui sera conforté par ce prêt dans son aise( c’est comme ca que nos comptes bancaires sont réménurés). Ainsi je trouve cette interdiction petrie de bon sens et justifiée lorsqu’on daigne en faire un examen minutieux et que l’on se penche sur ses conséquences. Plus pratiquement, j’ai comme tout un chacun un compte bancaire qui à l’année se retrouve rémuré d’un intérêt que je n’ai demandé mais qui, soyons honnêtes, me cause un léger problème de conscience. Cet interêt on a pas l’impression de l’avoir volé ou même gagné malhonnêtement, c’est juste une ligne de plus sur un relevé. Personnellement je ne garde qu’une partie de cet interêt, celle qui me permet de compenser l’ inflation et la perte de valeur de la monnaie. Corrigez-moi si je me trompe, mais à l’époque les hadiths sur la riba’ portaient sur des matières premières mesurées en quintaux ou en unité de mesure de l’époque, d’une année sur l’autre.De plus le monde arabo-musulman a connu plusieurs siècles ou l’inflation etait inexistante. Or la monnaie n’est pas du blé, et au bout de 10 ou 20 ans, l’on se retrouve avec 90% de notre sac de blé si l’on ne prend pas une partie de l’intérêt pour compenser la dévaluation de la monnaie et ce afin de préserver son quintal initial de blé, il ne s’agit ni plus moins que d’ajuster sa monnaie. Je pense que mon raisonnemment est assez clair, je ne vous demande pas si j’ai tort ou pas étant donné que dans l’histoire je ne gagne ni ne perds...c’est bien ca le postulat de départ ? J’attends vos commentaires, et sachez que je ne suis pas un adepte des débats creux(alors si vous voulez parler de longueur de pantalon, de chemise ou de barbe,passez votre chemin).Je rejoins Saliha, lorsqu’elle souligne que certains devisent et élaborent des stratégies pour l’avenir alors que d’autres en sont encore à epiloguer sur des futilités. 30 septembre 2007
il faut aussi tenir compte de l ’inflation.
Si l’argent perd de sa valeur le remboursement devra tenir compte de cette dévaluation relative et ce ne sera pas de l’intérêt.
29 septembre 2007
Mohamed a dit :
Salame, Merci à l’auteur de l’article d’avoir écrit sur un sujet qui ne fait pas, apparemment, l’unanimité entre les musulmans. M. Khalid Chraibi se contente de décrire les changements de comportement des banques marocaines sous l’influence des investissements des pays du Golfe et jette le doute sur ce qu’on appelle, ici, chez nous, dans les pays musulmans, les banques « islamiques ». Et, cependant, il n’apporte aucun éclaircissement et information particulière. C’est à se demander l’utilité et les visées de son article. Néanmoins, je suis d’accord sur l’hypocrisie des termes usités dans les banques « islamiques » pour éviter le terme intérêt. Utiliser un vocabulaire différent fait-il d’une banque une banque islamique ? En outre, les va-et-vient sur une notion obscure comme la riba, dans un monde où les mots et les concepts échappent à la majorité des musulmans, a fini de paralyser les musulmans. L’on fait du surplace ! En effet, sans financement nos projets ne peuvent aboutir et pas de financement sans les banques « conventionnelles ». Les micro financements sont à l’état embryonnaire et ne permettent nullement, pour l’instant, de vivre décemment. Que faut-il faire ? Juste un témoin et un arbitre de son époque, et voir les autres évoluer, parfois avec les drames financiers que l’on sait ? Une chose est sûre, l’odieuse dette, contractée par les pays du Sud est une usure et inhumaine, eu égard aux dégâts matériels et aux drames psychologiques causés dans les pays arnaqués. Mais, je ne sais pas encore, comme beaucoup des musulmans, le statut des services rendus par la banque traditionnelle de la place. Il nous faut nous arracher de l’immobilisme et d’être, enfin, un humain vivant ! Mohamed, Djibouti 29 septembre 2007
Habib a dit :
Emettre des critiques sur les pratiques des banques islamiques du moyen orient est une chose. Valider le modèle de pratiques financières contemporaine en est une autre. Concernant le Halal / Haram, je me permet de faire remarquer que dans toute legislation qu’elle soit religieuse ou laique, il y a des interdits punis par la loi. Il se peut que le système économique et financier concordant avec les principes de l’islam n’existe pas à notre époque, mais rien n’empêche son renouveau et son succès. Ce qui est par contre évident, c’est que le modèle capitaliste démontre bien qu’il enrichit les riches et appauvrit les pauvres. 29 septembre 2007
salim a dit :
salam aleikum quand je lit je me rend dans tous mes états car voila je vie ici en europe depuis plus de 4ans et je répond juste a tous ceux qui se caches deriére (adarouratou toubih el mahdourat) juste vous dir qu’ici y’apas de credit de la banque pour les nécessiteux car pour l’avoir il vous faut 3 fiches de salaire +un contra de travail valable +d’une année ??? alors moi j’ai pas ca dieu merci et j’ai 3 enfants et vraiment j’ai besoin d’une petite maison pour ma famille mais je ne l’aurais jamais sans un contrtat de travail car je suis avec les interimes ici en belgique alors svp qui est dans la daroura moi ou ceux que les instantces financiére ici en europe leurs donne des crédits ???? je voulez juste en conclutions qu’ici en europe celui qui est vraiment dans le cercles des nécessiteux que dieu a permis de touché au riba nos pas le droit d’avoir un crédits
désolé pour les fautes d’écrétures mais je sais trés bien que vous m’aviez compris qu’alah nous guidera dans le droit chemin incha-allah
29 septembre 2007
Anis a dit :
je vous citerai un exemple concrêt d’une banque soit-disant islamique en algérie qui propose des prêts pour achat de véhicules qui reviennent beaucoup plus chères par rapport aux prix des banques traditionnelles qui appliquent un taux d’intérêt fixes, la différence conciste à dire que la banque islamique te fait un contrat non pas avec un taux d’intérêt fixe mais par achat qui revient plus chère avec la condition d’acceptation des deux parties "bi-attaradhi" n’est ce pas un jeu de mots et une hypocrésie et un riba qui change son nom, chose apparement trés répandue chez les chouyoukhs de l’arabie saoudite.
29 septembre 2007
Lola a dit :
Grand Merci à Abdou de faire le juste parallèlle entre ces adeptes, masqués ou sincères, du Riba et les Protestants instaurant le "libre examen" qui les a conduit à abandonner les rites sacrés du Christianisme... (et à inventer le Capitalisme). Il semble bien que ce soit vers la même déviation qu’"on" veut conduire les musulmans et il faut reconnaître que beaucoup sont déjà prêts au "libre examen". Réduire le Sacré aux exigences du profane. Marcher sur la tête, quoi !
A Hakim, je voudrais dire qu’on m’a rapporté qu’en Tunisie aussi, les jeunes couples s’endettent à vie pour pouvoir se loger et/ou acquérir un véhicule. En Algérie, cela a commencé avec les prêts pour achats de voitures. Les ventes ont explosé. Je vous dis pas la pollution, les embouteillages, ... et l’insolvabilité de + en + croissante chez les jeunes.
29 septembre 2007
Waglioni a dit :
En toute rigueur, le capitalisme moderne est en contradiction totale avec l’Islam. En effet, si l’on veut bien convenir que le modernisme en matière financière consiste à passer du stade des calculs de bilans à celui des flux, on ne peut naviguer dans la finance sans spéculer sur l’évolution de ces flux, ce qui est doublement interdit par une lecture rigoriste de la Charia : en effet cela fait abstraction de la matière dont ces flux se nourrissent, et c’est lié à la notion de pari sur l’avenir. Alors, les finances qui se disent "islamiques", ne sont que pure hypocrisie, habillage mensonger de pratiques contraires aux principes que l’on met en avant, une véritable escroquerie intellectuelle et morale. Et d’ailleurs, ces histoire de halal-haram appliquées à tout et n’importe quoi.
29 septembre 2007
Abdou a dit :
L’auteur de l’article fait référence à la fatwas du conseil musulman européen, cité par Al Qaradaoui.Le conseil musulman de la fatwa veut se substituer à Allah soubhanahou wa taala. Ce sont les nouveaux protestants du monde Musulman. Leurs dogme est clair : Ils veulent pratiquer le « libre examen » du texte coranique, c’est à dire l’interprétation laissée à l’arbitraire de chacun, aux docteurs et pseudo savants. Des fatwas fondées uniquement sur l’exercice de la raison humaine. C’est la porte ouverte à toutes les discussions, à toutes les divergences et à toutes les déviations. C’est le début d’une dispersion en une multitude de conseils de la fatwas, de sectes, dont chacune ne représente que l’opinion particulière de quelques individus. Qu’est ce qu’on retient en fait de cette fatwas ? On substitue aux versets coraniques des REGLES ; DES AVIS, APRES UNE LONGUE ETUDE, DES CONSIDERATIONS MATERIALISTES et j’en passe. En somme, on substitue l’humain au Divin. C’est une pure hérésie. Dans un hadith rapporté par Abou hourayra. Le prophète a dit « Vers le fin des temps, apparaîtront des hommes tels qu’ils dissimuleront leurs amours de ce bas monde derrière la religion et seront vêtus de peaux d’agneau pour faire étalage de docilité. Leurs paroles sont mielleuses et plus douces que le sucre tandis que leurs cœurs seront ceux des loups. Allah Taala dira « se font –ils des illusions à mon sujet ou bien osent –ils me provoquer ? Je jure par Moi-même de les affliger d’une manière telle que les plus intelligents parmi eux seront frappés de consternation. (Tirmidhi) Dans un autre hadith rapporté par Al Hakim attirmidhi qu’il fait remonter à Anas, L’Envoyé de Dieu a dit : Il y’aura à la fin des temps des lettrés véreux ; que celui qui vivra à cette époque demande la protection de Dieu contre Satan le lapidé car ils sont ce qu’i y’a de plus puant ! Puis apparaîtront des couvre-chefs (qalânis al-bard). Nul en ce temps là n’aura plus honte de l’usure. Celui qui continuera à pratiquer fermement sa religion à cette époque sera comparable à celui qui tient un tison à pleines mains, et sa récompense sera celle de cinquante hommes. Ceux qui étaient présents demandèrent : Cinquante d’entre eux ou bien d’entre nous ? D’entre vous répondit le Prophète. Un jour, le compagnon, Adi ibn Hatim, fraîchement converti a entendu le Prophète récitant le verset coranique « Ils ont fait de leurs rabbins, de leurs moines et du Messie fils de Marie, des seigneurs tout en excluant Dieu ( de la souveraineté), alors qu’on leur avait seulement ordonné d’adorer un Dieu Unique [tel qu’] Il n’est de divinité que Lui : Gloire à Lui au-delà de tout ce qu’ils Lui associent. » Il a dit « sûrement nous ne les avons pas adorés » Le Prophète s’est tourné vers lui et dit « N’ont ils pas déclaré illicite ce qu’Allah a rendu licite et vous les suiviez et n’ont ils pas déclaré licite ce qu’Allah avait rendu illicite et vous les suiviez . Il a répondu « Nous le faisions certainement » le Prophète dit alors « c’est ainsi comment vous les adoriez » Wa ssalam. 29 septembre 2007
Hakim I. a dit :
SalamouAleikoum, Le principe de prêt à intérets mettra petit à petit l’économie mondiale à genoux. Il faut se rendre compte qu’il s’agit d’acheter de l’argent à un prix bien plus élevé que sa valeur initiale, on produit de l’argent par l’argent. Aucun travail, aucun service rendu, aucune prise de risque, tout cela n’est que fictif. Seulement, le travail ou les ressources pour compenser cet argent fictif est bien réel. Je ne penses pas que la planête ait assez de ressources pour faire face à ce type d’économie. On peut produire de l’argent virtuel infiniement, les ressources naturelles (qui sont le premier maillon de la chaine économique) sont bien limitées elles. Vous parlez du Maroc, connaissez vous les taux d’intérêts dans ce pays ? Achetez une maison à 400000 dirhams (40000 euros) vous en rembourserez 1 Million. Les durées de crédit atteignent les 70 ans, on n’y hérite plus des biens mais des dettes !!Ce qui se passe là bas est une honte et très dangereux. Le prêt à intéret favorise l’économie de rentes, qui crée un fossé gigantesque entre les dynasties riches et les nécessiteux. Plus on est dans le besoin, plus on s’appauvrit par le prêt et plus on enrichit les créanciers. C’est un cercle vicieux. A une époque, les personnes endettées finissaient par devenir esclaves par impossibilité de rembourser. Nous donnons un nom à cette époque : la "Jahiliya". Et j’ai bien l’impresion que l’histoire se répète quand je lis cet article. 28 septembre 2007
Mazri Omar a dit :
Il faut aller plus loin que l’interêt pour comprendre la signification et l’interdiction du Riba. Mohamed éclairé par la Révélation ne peut interdire une pratique ni l’assimiler à un inceste commis à l’intérieur de la Kaaba un jour de pélérinage si cette pratique n’est pas une injustice économique contre les travailleurs et les hommes de condition modeste, un crime moral qui sape les valeurs qui créent la cohésion sociale et la miséricorde dans les relations humaines, un désordre socio économique dont le summum est le capitalisme et sa version satanioque l’impérialisme. Toute pratique économique et commerciale fondée sur l’injustice, la spéculation et la financiarisation de l’économie qui prive le producteur de ses moyens de production et des fruits de son travail est du riba. La monnaie au lieu d’être un moyen d’échange et de régulation du marché par la concurrence est devenue elle même une marchandise sans contrepartie productive. Le dollar monnaie de référence mondiale ne représente qu’un système financier spéculatif dans lequel la valeur des biens et services est fixée artificiellement par le jeu des rapports de pouvoirs et non par le rapport des producteurs et le rapport des producteurs aux consommateurs. La banque islamique se trouve prise entre deux contradictions : la première est d’opérer dans un système mondial de riba. La seconde est d’être vidé de son âme islamique pour être caporalisée par les financiers détenteurs des pétrodollars. L’islam dans tous es compartiments et ses registres est une alternative au système matérialiste et non un alignement sur ce système en jouant sur la sémantique. Quand on étudie le riba on ne peut le dissocier des pratiques ribawites qui font que tel produit est du riba ou non. Mohamed a abordé le Riba dans son aspect économique, social et commercial : la production, l’échange et la consommation. Dand ce procès économique la banque et les institutions financières sont des instruments pour manager le riba et le rendre plus performant et moins transparent. L’analyse marxiste traditionnelle apporte une des meilleurs méthodologies pour comprendre l’esprit du Riba. Conjugué à l’esprit des textes islamqiques sur les transactions nous pouvons comprendre le mécanisme économique, social, moral et politique des pratiques ribawites et leurs incidences sur l’injustice social, la corruption, le dol, le fardage. Le docteur Al Qaradhaoui a explicitement admis l’apport de l’analyse marxiste dans la compréhension du phénomène ribawi et a constaté que la pensée marxiste sur le plan de la méthodologie et de la justice sociale se rapproche le plus de la pensée islamique. Ibn Khaldoun et Malek Benabi ont montré que plus le rapport de l’utile au futile est en distorsion plus le système socio économique est immoral et et ribawi. Le licite est évident, l’illicite est évident et entre les deux il y a un doute, une confusion que les produits financiers complexes entretiennent au détriment des faibles et des peuples comme vient de le démontrer le scandale des prêts immobiliers aux USA ; Mazri Omar 28 septembre 2007
Saliha a dit :
Pendant que les grandes puissances élaborent des stratégies pour l’avenir, investissent dans les technologies de polntes, développent le nucléaire... Bref ont une stratégie de developpement ouvert sur le monde. Nous, "musulmans", nous en sommes encore à réflechir si nous devons porter tel ou tel vêtements, savoir si une opération bancaire est "halal" ou pas ? Je n’ai qu’une chose à dire : c’est desesperant
28 septembre 2007
farid B a dit :
"l’accession à la propriété est le moyen pour lui de se mettre à l’abri du risque de se retrouver un jour à la rue avec sa famille (s’il est, pour une raison ou une autre, expulsé du logement qu’il loue par exemple ; ou encore, s’il n’est plus en mesure de payer son loyer suite à une baisse conséquente de ses revenus (perte d’emploi…"
Les familles courent plus de risques en tant que proprietaire que locataire en tout cas en France (voir crise Subprim). La loi protege fortement les locataires. (De nombreuses familles même au chomage continuent d’occuper le même appart). En cas de pertes de revenu un systeme de compensation (APL, assurance ...) protege mieux les familles qu’une situation d’insolvabilité vis à vis d’une banque ...
28 septembre 2007
farid B a dit :
Bonjour, Il faudrait plusieurs tomes pour aborder un sujet qui exige des connaissances importantes en jurisprudence musulmane et dans le domaine bancaire pour comprendre les mécanismes qui sous tendent le fonctionnement du systeme bancaire. L’affirmation que "la nécessité leve l’interdiction" doit etre nuancer : Qui fixe la nature et le degré de nécessité autorisant le pret bancaire à interet ? Le citoyen lambda, les oulémas ou les banquiers ?? La crise immobiliere puis financiere des subprims aux états unis doit nous inciter nous musulmans a plus de prudence . La facilité avec laquelle les banques ont accordé des credits immobiliers à des familles faiblement solvable (noirs et latinos) a créer une crise digne de 1929. Plus d’un million d’americains s’est retrouvé dans la rue apres avoir perdu leur maison hypothéquéé par les banques. Il a fallu l’intervention de la banque centrale americaine et européenne à coup de centaines de milliards de dollards pour éviter une terrible crise sans précédent. Enfin il faut dénoncer le systeme imposé par la banque mondiale et le FMI deux instruments de la gangrene ULTRALIBERALE qui touche les pays en voie de développement (l’afrique dont le Maghreb, l’amérique latine ....)en maintenant ces pays en position de sur endettement, et en leur imposant un model unique de développement économique l’ultra libéralisme ... 28 septembre 2007
salam alikum wa rahmatullah, Cet article ainsi ques les réactions qu’il suscite sont très intéressants. Merci à Kadour pour l’extrait des travaux d’Hubert Houdoy. Je tenais juste à rappeler certains versets du Coran concernant la Riba, à savoir les versets 275 à 281 de la sourate 2 al-Baqara. Je vous invite à les relire, surtout les 2 versets ci-desssous : "278 - Ô vous qui portez la foi ! Craignez Dieu et renoncez à ce qui reste de l’usure, si vous êtes croyants [véridiques dans votre foi.]. 279 - Si vous ne faites pas [ce qui vous est ordonné], alors attendez-vous à une guerre de la part de Dieu et de Son Envoyé. Mais, si vous vous repentez [et donc vous renoncez au reliquat de l’usure], vous garderez vos capitaux. Ainsi, vous ne léserez personne [en n’augmentant pas votre capital] et vous ne serez pas lésés [puisque votre capital vous revient intégralement]." Je ne sais pas ce que vous évoque ces versets mais quand je met "l’accession à la propriété (voiture et/ou maison)" dans un plateau de la balance et "un guerre contre Allah et son Messager" dans l’autre, je me dis sincèrement que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Le facteur risque est d’autant plus important que les avis reposent sur des "ijtihads" (efforts d’interprétations juridiques) de savants qui ne partagent pas toujours le même point de vue. Mais ceci n’est qu’un choix personnel que je voulais juste partager. Fraternellement, salam alikum wa rahmatullah, 28 septembre 2007
Maranan a dit :
Brillante analyse. Je ne suis pas pour ma part un adepte du Cheik Quaradawi que je respecte certes, qui a un savoir incontestable, mais il n’est pas le seul. Nous devons avoir plusieurs point de vue...
28 septembre 2007
Aziz a dit :
Salam L’article traite deux questions différentes. Primo, l’intérêt non usuraire peut-il être considéré comme de la Riba ? Secundo, en dépit de ce que l’auteur considere des "hayal", les banques islamiques pratiquent-elles dans les faits de la riba ? Pour la première question, à laquelle seuls des oulémas peuvent répondre, je constate seulement que l’auteur, pour je ne sais quelle raison, qualifie certaines oulémas, comme Qaradawi, de "moyens-orientaux" qui influenceraient les maghrébins. Pourtant, quand il cite Abdu, Shaltut,etc., il ne considère en eux que leur expêrtise ou leur fonction (éminents, Grand-Mufti, Sheikh). Pourquoi ? Mais c’est sur le plan de la deuxième question que le raisonnement de l’économiste pose problème. Le critère de la compétitivité d’un produit financier n’est d’aucune manière suffisant pour statuer sur son caractère hallal ou haram. Par exemple, concernant les hypotèques, contrairement aux banques traditionnelles, les banques islamiques, en parlant de loyer et non d’intérêt, ne se placent pas sur le plan purement sémantique. La propriété de la maison financée par la méthode de l’isti’jar reste celle de la banque jusqu’au terme de l’opération. Aussi, dans le cas d’une insolvabilité du client, la banque assume un risque et pourrait perdre de l’argent au prorata des parts qu’elle détiendrait dans la maison au moment du constat d’une telle insolvabilité. Or, ce n’est pas le cas des banques traditionnelles. Tout la différence est là. Les banques islamiques assument des risques réels. Les banques traditionnels n’assument aucun risque. Dernière chose, au delà des torts potentiels aux emprunteurs, la philosophie économique de l’islam refuse le principe que la pure richesse (l’argent) puisse produire encore plus de richesse (encore plus d’argent), sauf si le riche assume un risque. Cette philosophie vise à encourager le travail productif à la place de la pure spéculation, dont les ravages nous sont maintenant connus (hudge-fund, etc.). 28 septembre 2007
Mess a dit :
Bonjour à tous, Salam alïkoum, En effet cet article pose bien la question du tort, de la nécessité et la distinction entre intérêt et usure, cependant il n’est pas étendu à la question de l’investissement productif ( projet d’entreprise, d’affaire..). Une notion importante voire essentielle en économie est le risque. Il me semble que là ou le système conventionnel est perfectible quant à la doctrine ou à l’esprit islamique ( sans exclure les autres spiritualités ! ! ) c’est par rapport au partage de risque. Aujourd’hui, le banquier se prémunie de l’échec du projet/entreprise de son débiteur par une assurance et l’entrepreneur est exposé plus largement aux conséquences d’un échec. Il me semble que le partage du risque et des profits, la banque peut espérer plus que la taux d’intérêt lié au prêt, est une piste de refléxion pour une éthique economique non exlusivement islamique. AMlt et bon Ramadhan à tous. 28 septembre 2007
Hacène a dit :
Je tenais à féliciter Khalid Chraibi pour la qualité de cet article. Il est fondamental d"élaborer une jurisprudence musulmane qui tienne compte de la présence de millions de musulmans au sein de pays à la tradition séculiaire. L’Islam s’est de tout adapté au contexte auquel il a été confronté. La charia n’est pas une juridiction indépassable. Je vous félicite à nouveau Khalid Chraibi 28 septembre 2007
azertyuiop a dit :
Tout compte fait pour paraître musulman vis à vis des autres aujourd’hui il faut être un vrai pigeon ou riche comme crésus.
Il faut se payer des habits plus chers quitte à se les coudre tout seul ou toute seule.
Il faut acheter le pain plus cher quitte à le faire soi-même.
Il faut payer la viande plus cher quitte à posséder un garage/jardin pour servir d’abattoir.
Il faut acheter la voiture ou la maison plus cher quitte à payer un loyer tant qu’on a pas trouvé...
28 septembre 2007
Mariame a dit :
Il serait interessant que Oumma organise un débat de fond sur cette question.
les musulmans de france se trouvent piégés et désorientés quant à ce probléme qui les touchent de trés prés et u excluent un certains nombre d’entre eux du champs economique de Ce pays. !
TAREQ OBROU qui prône une jurisprudence des minorités , qu’en pense t-il par exemple ?
28 septembre 2007
smaoui a dit :
salam Ce qui préoccupe le musulman en premier lieu c’est l’achat immobilier. Une banque islamique qui vous propose un prêt pour l’achat d’une maison et qui n’en n’était pas propriétaire c’est pour moi de l’intérêt déguisé. La seule solution c’est que des sociétés immobilières propriétaires de leurs produits (maisons, apparts...)les vendent par facilités. Cela coûtera plus cher mais ces sociétés devront attendre des années pour avoir du bénéfice. 28 septembre 2007
Happywiseman a dit :
Assalam alaikom, Bonjour, Cet article est loin d’avoir le niveau de rigueur nécessaire quand on traite un sujet aussi grave que le "Halal" ou le "Haram", qui ne peut être débattu qu’entre des spécialistes reconnus par la "Oumma" musulmane. En plus, il y a un ton de mépris en parlant d’un éminent savant et l’un des plus grands de cette époque comme le cheikh Qaradawi en le traitant de simple "prédicateur Qatari". Aussi, il traite la question d’intérêt d’une manière très partielle en se limitant à en parler au cas des prêts immobiliers qui répondent aux besoins des gens pour se procurer un toit. Il omet de dire c’est que l’économie mondiale est basée sur ce système d’intérêt et qui est un système injuste basé sur l’exploitation des besoins des plus faibles pour l’enrichissement des plus forts. Un système promu et contrôlé justement par la Banque Mondiale et le FMI, deux organismes au profit des plus puissants. Et c’est pour cela que l’Islam nous invite à imaginer un modèle d’économie différent basée sur un partage équitable des risques et des bénéfices. Il est alors normal que ce système prôné par l’Islam, et qui est encore à ses débuts, soit combattu et que cela puisse induire des erreurs qui vont petit à petit se résorber avec la propagation de ce modèle et son ajustement par toutes les forces sincères et intelligentes qui y adhèrent, incha-ALLAH. 28 septembre 2007
Mohamed a dit :
Regardez les consequences des subprimes sur l’economie mondiale...On a touché le point de faillite planetaire à cause de riba...
Mais maintenant c’est vrai aussi que le cout de certain loyers sont trop elevé et qu’il y a danger à se retrouver à la rue ou devoir aller vivre dans un coin paumé sans travail aux alentours.
Les banques islamiques modifie leur vocabulaire mais pratiquent un taux beaucoup plus fort que les banques dites conventionnelles...L’usure et l’interet sont ils identique ??? car là c’est bien les banques islamiques qui font l’usure
28 septembre 2007
anis a dit :
j’ajouterais seulement une précision que le Dr Chraibi a oublié de mentionner au début de son remarquable article que le courant religieux conservateur, prenant naissance dans les Etats du Golfe s’appel le WAHABISME "wa l’iyade billah"
28 septembre 2007
Salam Aleikom , Encore un article qui vise à rendre licite une forme de Riba. Aucune preuve n’est apportée si ce n’est des références à des cheikh de l’ Azhar dont on connait leur dépendance vis-à-vis de l’Etat egyptien. Souvenez vous de sheikh TANTAWY qui apportait sa caution à SARKOZY concernant l’interdiction du foulard à l’école.On le surnomme en Egypte "Sayyid OK " tant il est laxiste en matiere de sharia. Par ailleurs la fatwa d’al_Qardawy n’est pas aussi large que ne semble le sous-entendre l’ auteur.Il y a de nombreuses conditions qui ne sont pas rapportées ici. Je note aussi une certaine stigmatisation de la part de l’auteur des savants moyen-orientaux comprenez wahabittes Tout ceci nous viendrait de là-bas.Ceci est évidemment faux bon nombre de savants maghrébins se sont prononcés en faveur de l’interdiction de l’intéret bancaire. Wassalam 28 septembre 2007
Farid a dit :
Khalid Chraibi reprend le commentaire d’Abd al Mun’im Al Nimr, ancien ministre des Habous d’Egypte,qu’il semble partager et qui dit : « L’interdiction du riba se justifie par le tort porté au débiteur. Mais, puisqu’il n’y a aucun tort porté aux personnes qui procèdent à des dépôts dans une banque, l’interdiction du riba ne s’applique pas aux dépôts en banque. » A mon sens, ce résonnement ne tient pas la route, car si le dépot dans une banque ne porte pas de tort au dépositaire, il en porte à celui qui emprunte de l’argent. Car, c’est avec le dépot des clients que sont possible les prêts. Donc le dépositaire participe au tort causé à l’emprunteur. CQFD 28 septembre 2007
Sabiha a dit :
Un jour, un Théologien Soufi, répondant à une question que je lui posais, m’a répondu : "En Islam, tout est permis sauf ce qui est interdit" après, les décision se prennent par l’"Ijmaâ", (que l’on peut traduire par "la majorité").
28 septembre 2007
Amati a dit :
Remarquable ! Les banques dites" islamiques" comme si une banque pouvaient l’être, bientôt on dira un ordinateur "islamique", une voiture "islamique", un avion "islamique" bref à force de tout vouloit islamiser, cela va tourner au ridicule, cela va surtout permettre à tous ces assoiffés de profit et d’argent d’utiliser la religion a des fins d’enrichissements, car tout sera pretexte à dire qu’il faut acheter tel ou tel produit qui serait hallal ou musulman. On est en plein dans l’islam bizness
28 septembre 2007
Saliha a dit :
Excellent Khalid Chraibi, voilà également ce qu’en dit Mohamed Talbi : Mohamed Abduh (mort en 1905), le plus grand réformateur du XIXe siècle, autorise le prêt à intérêt sur la base de la distinction entre ribâ’ (usure) et fâ’ida (intérêt, dans tous les sens du terme). Les oppositions entre fuqahâ’ demeurent cependant vives, et on en trouve l’écho dans la presse sur fond de pétrodollars. En avril 1995, le mufti d’Égypte, Cheikh Mohamed Sayyed Tantaoui, affirme que les intérêts bancaires sont « licites ». Cheikh Saleh, dont le groupe a notamment investi dans des banques islamiques, comme la Banque Takwa installée aux Bahamas, accuse Cheikh Tantaoui de tenir des propos « tordus ». Tout ce que veulent les cheikhs qui soutiennent ces banques, c’est gagner des salaires en dollars, rétorque Cheikh Tantaoui. Tantaoui contre Qaradhaoui. Devenu cheikh d’Al-Azhar, la plus importante université de l’islam sunnite, Cheikh Tantaoui s’insurge de nouveau contre les banques dites « islamiques » et demande la suppression de cette appellation, qui laisse supposer que les autres ne le sont pas. Des milliers de familles égyptiennes ont été ruinées après la faillite de telles sociétés, fait-il remarquer. On doit saluer comme une réussite importante sur la voie de l’évolution positive de la charia le succès de Cheikh Tantaoui, qui a réussi, le 31 octobre dernier, à rallier à ses idées vingt des vingt et un membres du Comité islamique de recherche théologique d’Al-Azhar. Cette fatwa servira sûrement de précieuse référence pour tous ceux qui luttent depuis plus d’un siècle pour dépoussiérer la charia et la faire évoluer avec la vie. Ils pourront désormais coller sur leurs factures, en payant l’intérêt, le timbre halal émis par Al-Azhar. 28 septembre 2007
Ce texte de très bonne qualité resté imcomplet. En effet un point a été (volontairement ou pas) négligé par l’auteur. Si la question du "Intérêt = Riba ?" reste à creuser, une autre question concernant les activités des banques "modernes" se pose "les investissement de ces banques sont-il faits dans des secteurs !!!hallal !!! ou pas ?" Quand vous déposez votre agrent à la SOGé ou à BNP elle ratissent large au niveau cibles d’investissement : armement, alcool, casinos.... Du coup l’intérêt perçu par le "musulman" est "haram". Et ne e dites surtout pas "ah non mais on ne peut pas savoir"....Car aujourd’hui on sait, la liste des fonds ainsi que les valeurs dans lequelles les banques investissent sont disponibles... Salam à tous 28 septembre 2007
Kadour a dit :
Merci Monsieur Chraibi pour cette analyse éclairante. 1.5) L’économiste Keynes et l’intérêt : Dans son étude des travaux de l’économiste Keynes, Hubert Houdoy écrit : "L’obstacle à l’investissement et à l’emploi est l’ensemble des taux d’intérêt. (…) Pour cela il faut réduire l’usage spéculatif de la monnaie. "Le seul remède radical aux crises de confiance qui affligent la vie économique moderne serait de restreindre le choix de l’individu à la seule alternative de consommer son revenu ou de s’en servir pour faire fabriquer l’article de capital qui, même avec une faible évidence, lui paraît être l’investissement le plus intéressant qui lui soit offert" (Keynes, p. 176). On peut voir en Keynes un précurseur du partenariat. Et cela est tout à fait cohérent avec sa condamnation de l’intérêt, son apologie de l’investissement, son insistance sur la confiance et sur les anticipations. Les seuls bons usages du revenu monétaire sont la consommation et l’investissement. La monnaie est la meilleure et la pire des choses. Elle permet l’action à grande échelle quand les anticipations sont optimistes. Elle provoque la crise brutale quand le doute s’installe. C’est à tort que chacun compte sur elle pour se protéger. "Puisque les marchés financiers organisés sont soumis à l’influence d’acheteurs qui ignorent pour la plupart ce qu’ils achètent et de spéculateurs qui s’intéressent plus à la prévision du prochain changement de l’opinion boursière qu’à l’estimation rationnelle du rendement futur des capitaux, il est normal, lorsqu’une déception frappe un marché surévalué et trop optimiste, que les cours baissent d’un mouvement soudain et même catastrophique" (Keynes, p. 329)" 28 septembre 2007
Laghouat a dit :
a) La nécessité vitale (adh dharoûrah) fait loi et elle permet de lever certaines interdictions : Les juristes musulmans sont unanimes à ce sujet. b) Un besoin réel (hâdjah) peut, lorsqu’il se généralise, atteindre le statut de la nécessité vitale ("al hâdjah tounzalou manzilatidh dharoûrah idhâ ’âmat") et permettre également la levée temporaire d’une interdiction. c) Le fait d’être propriétaire de son logement pour un musulman qui vit en terre non musulmane constitue justement un besoin réel de nos jours, essentiellement pour les raisons suivantes :
28 septembre 2007
Karim a dit :
Cet article très convaicant pose le pb comme il le faut. La question du riba doit être traité avec sérieux à la limière des nécessités economiques et financières internationales dont nosu ne pouvons nous départir.
28 septembre 2007
Epictète a dit :
salam merci pour cet article, ça fait longtemps que j’essaye de comprendre pourquoi cet état de fait mais à chaque fois que je demandait un avis on me répondait HARAM, point barre. mais alors si j’ai bien compris votre texte, " les baque conventionnelles " sont licites dans les pays musulmans ? et une chose encore, je suis tout à fait d’accord avec vous que certains(pour ne pas dire la mojorité d’entre) prédicateurs du moyen orient font beaucoup de mal à l’iamge de l’islam en resduisant la religion musulmane qui la lumière de DIEU pour l’homme à un couple : HALAL-HARAM avec leurs fetwas par satellite ou câble toutes prêtes à la consaommation. |
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