Lettre de Mouloud Baubérot à Nicolas Sarkozy

Nous, anciens Français, nous ne jouons pas au matamore, aux « tu causes tu causes, c’est tout ce que tu sais faire » ; nous n’aimons pas trop tout ce qui est « bling-bling ». Nous aimons, tu le soulignes, « l’humble discrétion » et nous comptons sur toi pour être exemplaire dans ce domaine. Nous comptons sur toi, pour, comme tu l’affirmes que cela doit être le cas des « nouveaux arrivants », de te « garder de toute ostentation et de toute provocation ».

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Vendredi 10 Septembre 2010
Articles
Lettre de Mouloud Baubérot à Nicolas Sarkozy
le lundi 14 décembre 2009


Cher Nicolas, Mon cher compatriote,

Tu as écrit une tribune dans Le Monde (9 décembre) qui a retenu toute mon attention. En effet, tu t’adresse à tes « compatriotes musulmans », et c’est mon cas, moi Mouloud Baubérot, frère siamois de celui qui tient ce blog. Comme une lettre ne doit pas rester sans réponse, alors j’ai décidé, à mon tour de t’écrire. Après tout, toi aussi tu es mon « compatriote ». Et puis, comme je suis professeur d’histoire en terminale, j’ai l’habitude de corriger des copies.

Nous allons le voir, il y a plein de belles idées dans ta lettre, et je vais pouvoir te citer souvent. Mais tu as commis une légère erreur de perspective, qui gâche un peu ton propos. Et comme cela vous concerne en particulier ton frère siamois et toi, permets moi de la rectifier.

Avant, par politesse, il faut que je me présente très brièvement. Ma famille provient de Constantine, ville française depuis 1834 et chef lieu d’un département français depuis 1848. Nous sommes donc d’anciens Français. D’autres nous ont rejoints peu de temps après et sont devenus Français, en 1860, tel les Niçois et les Savoyards.° Nous avons intégré volontiers ces "nouveaux arrivants" et avons ajouté la pizza à nos coutumes alimentaires.

Et au siècle suivant, d’autres sont encore venus. Certains de l’Europe centrale, bien différente de notre civilisation méditerranéenne. Mais, comme tu l’écris très bien, nous sommes très « accueillants », nous autres. Alors nous avons donc accueilli parmi eux, un certain Paul Sarkozy de Nagy-Bosca, qui fuyait l’avancée de l’Armée Rouge en 1944.

Nous sommes tellement « accueillants » que nous avons fait de son fils, ton frère siamois, immigré de la seconde génération, un Président de notre belle République. Comment être plus accueillants ? Mais faudrait quand même pas tout confondre : entre lui et moi vois-tu, c’est moi qui accueille, et lui qui est accueilli. Ne l’oublie pas.

Ceci précisé, je suis tout à fait d’accord avec ce que tu écris : moi, Mouloud, l’accueillant, j’offre à ton frère siamois et à toi-même, « la reconnaissance de ce que l’autre peut lui apporter ». Mais je demande, à « celui qui arrive, le respect de ce qui était là avant vous ».

Et, je vais y revenir, quand les Sarkozy sont devenus Français, le ciel de Paris s’ornait d’une Grande Mosquée, avec un beau minaret. Je suis d’accord, moi Mouloud qui t’accueille, je dois te faire « l’offre de partager (mon) héritage, (mon) histoire [y compris en classe de terminale], (ma) civilisation), (mon) art de vivre ».

Tiens, je t’invite volontiers à venir manger un couscous avec moi. Mais, naturellement, toi « qui arrive », ou toi dont c’est juste le père qui est arrivé, je te demande, comme tu l’écris toi-même, d’avoir « la volonté de (t)’inscrire sans brutalité, comme naturellement, dans cette société que (tu vas) contribuer à transformer, dans cette histoire que (tu vas) désormais contribuer à écrire ».

« Sans brutalité » : tu as bien raison, c’est important ça. Nous, anciens Français, nous ne jouons pas au matamore, aux « tu causes tu causes, c’est tout ce que tu sais faire » ; nous n’aimons pas trop tout ce qui est « bling-bling ». Nous aimons, tu le soulignes, « l’humble discrétion » et nous comptons sur toi pour être exemplaire dans ce domaine.

Nous comptons sur toi, pour, comme tu l’affirmes, que cela doit être le cas des « nouveaux arrivants », de te « garder de toute ostentation et de toute provocation ». Car, toi dont le père a fui le totalitarisme, tu dois être bien « conscient de la chance que (tu as) de vivre sur une terre de liberté ». Et cela te donne le devoir de n’en supprimer aucune.

Contrairement à moi, puisque tu n’es en France que depuis une seule génération, tu as encore beaucoup de choses à apprendre quant aux « valeurs de la République (qui) sont partie intégrante de notre identité nationale ». Vu ta fonction, il faut que tu l’apprennes vite car « tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ses valeurs condamnerait à l’échec. » Mais, je ne suis pas inquiet : tu es très doué.

Donc, il suffit que je te précise un peu les choses, notamment sur la laïcité dont je parle souvent à mes élèves dans mes cours de terminale, et tu obtiendras une brillante note. D’abord, la laïcité, ce n’est nullement « la séparation du temporel et du spirituel » comme tu l’écris.

Cette expression, elle fleure le Moyen Age, la société de chrétienté, bref l’exact contraire de la société laïque. Comme tu as publié ta tribune le 9 décembre, jour anniversaire de la « séparation des Eglises et de l’Etat », ta formule est particulièrement malheureuse.

Le « spirituel » et le « temporel », ce sont des notions théologiques, et cela connotait des pouvoirs. La lutte de l’Empereur et du Pape, c’était la lutte du « pouvoir temporel » pour s’imposer face au « pouvoir spirituel ». Deux souverainetés. En laïcité, seul « le peuple » est souverain, et donc le seul « pouvoir » est le pouvoir politique qui émane de lui. Le pouvoir, écrit Max Weber, a « le monopole de la violence légitime » : il peut réprimer par la loi.

La religion n’est pas sur le même plan. Et peut avoir, elle, autorité, si l’on est convaincu de sa validité. Mais elle ne doit pas disposer de pouvoir. Bon, la première leçon étant apprise, passons à la seconde. Elle concerne aussi la laïcité.Tu fais preuve d’une curieuse obsession des minarets et tu sembles assez ignorant à ce sujet.

Pour être concret, je vais te raconter l’histoire de France en la reliant à ma propre histoire d’ancien Français, du temps où toi, tu ne l’étais pas encore. Pendant la guerre 1914-1918, mon arrière grand-père est mort au front, comme, malheureusement, beaucoup de Français, de diverses régions : Algérie, Savoie, ou Limousin, « petite patrie » de mon frère siamois.

Mais si je te raconte cela, ce n’est pas pour me cantonner dans la petite histoire, celle de ma famille, c’est pour rappeler l’Histoire tout court. Car nous avons été environ 100 000, oui cent mille, musulmans à mourir au combat pour la France. Nous étions déjà tellement « arrivés » en France, que nous y sommes morts !

Ces combats avaient lieu dans cette partie de la France appelée « métropole ». Ma famille y était venue, à cette occasion, et elle y est restée. A Paris, précisément. Comme nous commencions à être assez nombreux, et provenant, outre la France, de différents pays, la République laïque a eu une très bonne idée : construire une mosquée, avec un beau minaret bien sûr.

Elle avait décidé, en 1905, de « garantir le libre exercice du culte » (Article I de la loi de séparation). « Garantir », c’est plus que respecter. C’est prendre les dispositions nécessaires pour assurer son bon fonctionnement. Pourquoi passes-tu tant de temps, dans ton texte, à nous parler des minarets ?

Cela n’a vraiment pas été un problème. Bien au contraire. Et pourtant, ils étaient très laïques, tu sais, plus laïques que toi, mon cher chanoine, les rad’soc (radicaux-socialistes), les Edouard Herriot, ou Léon Bourgeois (un des « pères » de la morale laïque) qui ont pris la décision de consacrer des fonds publics à la construction de cette mosquée, de ce minaret.

Tu sais, j’aime bien fréquenter les bibliothèques. J’y ai trouvé un ouvrage d’un historien qui retrace l’histoire de cette construction. Et c’est fort intéressant.

« Il est à remarquer, écrit son auteur, Alain Boyer, que personne n’a soulevé à l’époque le problème de la compatibilité de cette subvention avec l’article 2 de la loi de 1905, concernant la séparation des Eglises et de l’Etat qui dispose la République ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte ; il aurait pu d’ailleurs être répondu que l’Etat ne finançait que la partie culturelle, l’institut, et non pas la mosquée proprement dite, c’est-à-dire le lieu de culte. »[1]

« Il aurait pu être répondu » : donc, c’est sans doute plus tard que l’on a justifié ainsi les subventions de l’Etat et de la ville de Paris. Sur le moment, on s’est contenté de trouver cette construction nullement incompatible avec la loi de séparation.

C’est ce que l’on appelle une rationalisation a posteriori. Vois-tu, comme moi aussi je suis historien, je me permets une autre interprétation, qui me semble fort plausible. On a (aussi) raisonné par analogie : en effet la conséquence de l’article 1 de la loi de 1905, de sa garantie du libre exercice des cultes avait été double :

  •  d’une part la mise à disposition gracieuse (donc manque à gagner par absence de loyer !) des édifices du culte existants en 1905 et propriété publique (des milliers et des milliers !), mise à dispostion aux religions correspondantes à ces édifices (et on y a ajouté presque tout de suite le droit de faire des réparations sur fonds publics) ;
  •  d’autre part, la possibilité (prévue dans l’article 2 lui-même) de payer des aumôniers pour garantir le libre exercice du culte dans les lieux clos : hôpitaux, prisons, armée, internats des lycées…

    On s’est dit : étant donné tout ce que l’on consent financièrement pour garantir l’exercice des cultes catholique, juif, protestant, c’est bien le moins de donner des subventions publiques pour une Grande mosquée et son minaret. D’ailleurs le père de la loi de 1905, Aristide Briand, avait dit à son propos : « En cas de silence des textes ou de doute sur leur portée, c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur. »

    De plus, et je vais t’étonner Nicolas, les laïques, ils aimaient bien les minarets. Quand on a posé la 1ère pierre de la mosquée, le maréchal Lyautey a fait un très beau discours. Il a déclaré : « Quand s’érigera le minaret que vous allez construire, il montera vers le beau ciel de l’Ile de France qu’une prière de plus dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses. »

    Et tous les dirigeants et militants laïques présents l’ont chaleureusement applaudi. Ils étaient comme cela les laïques : ils assumaient, mais ne voulaient pas « valoriser » les « racines chrétiennes de la France ». Ils estimaient, au contraire, que le pluralisme religieux faisait partie de son histoire, de son identité nationale laïque.

    Et plus il y avait de prières différentes, plus ils étaient contents. J’ai plein d’autres choses à t’écrire à propos de ton discours. Mais la bonne pédagogie veut que l’on ne cherche pas à en dire trop en une seule fois. Pour le moment, assimile bien ces deux premières leçons. Ecris-nous vite une seconde tribune qui rectifie le tir. Et on reviendra ensuite sur le « communautarisme » notamment, car là (en un seul mot ?) il y a aussi quelques petites choses à reprendre.

    Ton cher compatriote

    Mouloud Baubérot

    Note :

    [1] A. Boyer, L’Institut musulman de la Mosquée de Paris, Paris, CREAM, 1992, p. 26.

    Blog de Jean Baubérot



  • Vos réactions et commentaires sur cet article

    21 décembre 2009
    Bob a dit :

    Merci Mouloud de dire, reference a l’appui, ce que je pense de ce debat sur l’identite nationale.

    Ne lisons pas l’histoire d’un seul oeil.

    21 décembre 2009
    Bob a dit :

    Merci Mouloud de dire, reference a l’appui, ce que je pense de ce debat sur l’identite nationale.

    Ne lisons pas l’histoire d’un seul oeil.

    21 décembre 2009
    Stéphane a dit :

    Monsieur Baubérot, bonjour.

    Je souhaite que ma participation au débat sur votre texte soit autorisée, même si je ne suis pas Français. Je suis Belge, de souche. (Pour ceux qui veulent rire, c’est maintenant.) Nos anciens ont fait les grandes guerres du 20e siècle dans le même camp. Voilà qui devrait nous permettre d’être francs entre nous.

    Votre intervention me plaît. Elle est d’un humour grinçant. Elle est fondée sur une chronologie qui ne se discute pas. Et puis, il y a ce rappel du contexte de la construction de la mosquée de Paris ; il vaut son pesant de cacahuètes. Félicitations, merci.

    Cependant, je voudrais émettre quelques réflexions.

    Au début du siècle passé, du temps où les puissances européennes avaient confiance en elles… (La Belgique en était.) Il leur est arrivé de se comporter de manière ouverte et généreuse. Depuis lors, ces puissances-là se sont anémiées, démographiquement, moralement, spirituellement ; comme des avares braqués sur leurs sous, elles ne se défendent plus que sur le plan économique. Comble de ces régressions, on apprend souvent à la jeunesse européenne le reniement et le mépris des vocations qui ont mobilisé ses aïeux. Et ça, c’est invivable.

    Que faut-il dire à nos enfants pour qu’ils soient - demain, et dans un même mouvement - fiers d’eux-mêmes et respectueux des autres ? Physiquement et moralement, pour ne pas craindre l’autre, il faut se savoir fort.

    Actualisons, quitte à rencontrer des sujets qui fâchent. Comme catholique du rang, je dois - en toute simplicité - signaler deux difficultés.

    1. Prenons le contenu des "droits de l’homme". Il ne semble pas que ces principes soient compris de la même manière dans les pays de traditions différentes, musulmanes et chrétiennes.

    2. Ensuite, les questions de réciprocité. Si les intolérances ont existé et peuvent renaître partout, la notion de dhimmitude n’est pas occidentale. Par exemple. 2.1. La question de dresser des clochers en Arabie ne se pose pas. A terme prévisible, dire une simple messe dans un coin d’hôtel, ça restera une faute grave. 2.2. Quand des Danois pondent des caricatures injurieuses, l’Umma se dresse pour réclamer des excuses publiques. Mais quand les Coptes égyptiens - pauvres parmi les pauvres - sont spoliés de leurs porcs, on n’entend même pas… quelques murmures de réprobation de la part des intellectuels musulmans.

    Voilà un résumé des réflexions que m’inspire votre prise de position sur le "net".

    17 décembre 2009
    Oumma.com-UKfan a dit :

    Merci a WAGLIONI pour ce rappel historique.

    Esther benbassa appartient a cette communaute Ladino : « Je m’appelle Esther Benbassa. C’est vrai que mon nom est difficile à prononcer, mais on finit bien par le retenir.

    Mon nom est ma vraie patrie, une patrie virtuelle comme celles que je préfère, sans tendance aucune à un quelconque chauvinisme. Il me rappelle mes origines liées à cette Espagne médiévale de laquelle mes ancêtres furent expulsés pour s’installer dans les Balkans, gardant leur langue et culture espagnoles à travers les siècles.

    Une expulsion qui marque le début des pérégrinations des miens et aussi celui de mes propres émigrations. Ce parcours tortueux et l’apprentissage des langues qui l’a accompagné me rendent totalement imperméable au rejet de l’Autre. Je passe une partie de ma vie, avec mon compagnon Jean-Christophe Attias, au rapprochement entre Juifs et Arabes, sans trop d’illusions. »

    www.estherbenbassa.net

    17 décembre 2009
    badre a dit :
    Bravo M. Mouloud Baubérot et un grand merci pour l’objectivité et la qualité du papier. Si seulement cette lettre : 1) peut être développée et faire l’objet d’un livret en réponse... 2) peut être publiée par "Le Monde" en réponse.. Cordialement
    17 décembre 2009
    Waglioni a dit :

    (grand ou petit) Marnier, vous faites fausse route, au moins en ce qui concerne Sarkozy. Vous dites :

    « Nicolas Sarkozy, des grand-parents grecs, farouche opposant de l’entrée de la Turquie en Europe(...) : L’Europe est et doit rester impérativement Chrétienne (entendez "purement" chrétienne). »

    C’est une erreur grossière : son grand’père maternel était un juif de Salonique, sujet ottoman et non pas grec. Et c’est justement le grand mystère des choix que fait le petit-fils, car pratiquement tous les juifs saloniciens sont :

    1)non seulement extrêmement reconnaissants à la Turquie de les avoir recueillis à bras ouverts lorsqu’ils furent chassés d’Espagne au début du seizième siècle, et d’avoir été, florissante au point de se considérer comme la seule communauté juive à avoir vécu son statut "la tête haute" (selon les termes d’une dame Molho, interviewée à Thessalonique dans un récent reportage "Thalassa") ;

    2)mais encore antisionistes, comme le déclarait avec fougue et conviction cette même dame Molho dans ce reportage, et comme le dit à qui veut l’entendre une autorité comme Edgar Morin : pour les juifs saloniciens, la seule Terre promise fut réellement cette vie en ces lieux accordés par leurs bienfaiteurs ottomans. Pour Morin, son antisionisme, s’il était besoin de le justifier autrement que par des considérations morales, se nourrit aussi de la nostalgie de sa seule terre originelle, celle de l’Espagne et non pas de la Palestine dont aucune de ces familles n’a aucune racine.

    16 décembre 2009
    amazone a dit :

    A Abou Tahar al-Tlemceni :

    Vous avez tout à fait raison. La notion d’algérien n’existait pas, durant le colonialisme et durant la guerre. Cette notion était remplacée par le mot "indigène".

    Appelés ces indigènes des algériens vaudrait à leur donner un statut : celui d’habitants d’algérie. Le mot "algérien" ne fait son apparition qu’aprés l’indépendance.

    Quant aux juifs d’algérie, leur donner la nationalité française avait pour but de diviser le peuple algérien...

    Concernant les pieds noirs ils ont joués un rôle important en 1945 dans les massacres de Guelma et Sétif, cela est incontestable !

    15 décembre 2009
    Abou Tahar al-Tlemceni a dit :

    El Wahraani ecrit :

    "Ce n’est pas entièrement vrai. Ils étaient légalement français mais ce sont les autorités pieds noirs qui leur mettait des bâtons dans les roues pour obtenir leurs papiers français. Et les obliger, officieusement, à se convertir".

    Non et non, apprenez-donc l’histoire de votre pays, meme si elle fut largement aux mains des occupants francais. Je le repete donc, durant la colonisation les Algeriens ne furent jamais des citoyens francais. J’ajouterai que le decret Cremieux (lui-meme juif), qui a fait des juifs-algeriens des citoyens francais, a accentue le fosse entre indigenes sur la ligne de leur identite religieuse. Jusqu’en 1945, la seule possibilite (meme les mariages mixtes ne comptaient pas en Algerie) d’acceder a la nationalite se faisait par renoncement a l’islam. C’etait la loi de l’Etat francais, le lobby des pieds-noirs n’a rien a voir la dedans, meme si on peut supposer qu’ils furent d’ardents defenseurs de l’apartheid colonial. A titre d’indication, Albert Camus n’utilise jamais (oui, vous pouvez verifier) le mot "algerien" dans ses romans et nouvelles. Nos aieux etaient tout simplement invisibles...

    15 décembre 2009
    Hayat a dit :

    Salam,

    Un peu avant les élections régionales de 2004, le sociologue Laurent Muchielli faisait cette analyse :

    "Que la société française ait beaucoup changé au cours des trente dernières années est une évidence. Que certaines de ces évolutions provoquent des bouleversements dans ses normes sociales et dans ses représentations d’elle-même est inévitable. Mais faut-il, pour y voir clair, constamment se retourner vers le passé ? Ce serait une grave erreur car cela rend myope sur le présent et aveugle sur l’avenir. Ainsi tous ces discours moralisateurs, ces procès d’intention et ces prédictions catastrophistes qui saturent le débat public ne nous aident pas à penser. Ils interdisent en réalité l’analyse en réduisant le débat « au choix, vite réglé, entre la République, en fait présentée de manière mythique et incantatoire, et des formules communautaires référées aux repoussoirs les plus commodes » Ils détournent de l’observation attentive des sociétés modernes qui sont, que cela plaise ou non, multiraciales et en partie multiculturelles.

    (....)

    Ils masquent surtout les problèmes économiques et sociaux (en un mot la ghettoïsation) qui bloquent actuellement ce processus d’intégration) et qui sous-tendent les besoins de valorisation identitaire et les affirmations culturelles d’une petite minorité [22] . Ils masquent peut-être enfin le vide intellectuel et moral de plus en plus sidéral qui caractérise la vie politique française"

    source : L’islamophobie : une myopie intellectuelle ? par Laurent Muchielli

    site : islam & laïcité.org

    La pertinence de cette analyse est toujours d’actualité, il me semble.

    Salam

    15 décembre 2009
    nawawi a dit :

    M. Mouloud,

    Votre texte est remarquable et s’inscrit dans une optique scientifique qui n’est malheureusement pas l’optique politique actuelle qui s’appuie sur la gestion des peurs et des émotions.

    Bref, vous parlez à des murs qui ne veulent pas s’éléver au degré scientifique et universitaire.

    15 décembre 2009
    Oumma.com-UKfan a dit :

    La secrétaire d’Etat chargée de la famille et de la solidarité, Nadine Morano, a déclaré, lundi soir 14 décembre, vouloir du jeune musulman français "qu’il ne parle pas verlan", lors d’un débat sur l’identité nationale à Charmes (Vosges). "Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c’est qu’il aime son pays, c’est qu’il trouve un travail, c’est qu’il ne parle pas le verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers", a expliqué la secrétaire d’Etat à un jeune homme qui l’interrogeait sur la compatibilité de l’islam avec la République. Le Monde, 15 Decembre 2009.

    Propos stigmatisants pour l’ensemble des jeunes Musulmans en France. Il est effarants de stereotyper l’ensemble d’une population. Il sagit d’un paternelisme anachronique illusrant le declin de la France.

    15 décembre 2009
    Hayat a dit :
    Des compatriotes comme ça on en veut beaucoup..merci Mouloud Baubérot !
    15 décembre 2009
    Marnier a dit :

    Sur l’antienne de "Il y a musulman et musulman" tant ressassée, il faut aussi expliquer qu’"Il y a chrétien et chrétien". En étant baptisé, on est considéré comme chrétien compréhensif d’office par toutes sortes de gens qui sont aussi baptisés, mais... pas tout à fait comme le baptème un peu automatique qui se donnait dans beaucoup de familles non pratiquantes (pour faire plaisir à la grand-mère).

    Et ils vous parlent de l’Islam... comme vous ne l’avez jamais vu... Ne cherchez pas, ce sont des chrétiens qui ont une branche de leur famille qui vient du proche-orient. Des Chrétiens "pas de souche" pour ainsi dire, Des Chrétiens "immigrés".

    Ces Chrétiens "immigrés", on sent qu’ils ont gardé des traditions d’une partie de leur famille qui aurait vécu comme encerclée par l’Islam, en Arménie, au Liban, en Grèce... Cherchez bien, vous les connaissez, vous les reconnaissez.

    Patrick Devedjian, des grand-parents arméniens, farouche opposant à toute entrée de la Turquie en Europe.

    Nicolas Sarkozy, des grand-parents grecs, farouche opposant de l’entrée de la Turquie en Europe pour les mêmes raisons : L’Europe est et doit rester impérativement Chrétienne (entendez "purement" chrétienne).

    Eric Besson, des grand-parents chrétiens libanais. Même discours.

    Les Chrétiens d’Orient ont un discours spécifiques par rapport à l’Islam. C’est leurs "racines", mais ça n’a pas à être propagé comme une vérité d’État, dans un pays qui d’ailleurs n’a pas cette histoire chrétienne orientale, et à qui ont inculque par ailleurs un autre discours anti-immigratio puis anti-musulman, discours non pas religieux mais économique et politique, qui concernait jusqu’ici uniquement le chômage, puis le terrorisme.

    C’est tout à fait inadmissible que les histoires personnelles d’une poignée d’hommes politiques polluent en quelque sorte la politique française. C’est d’autant moins admissible que ces histoires sont pour ces individus des histoires de certains de leurs grand-parents, ce n’est pas une Histoire qu’ils ont eux mêmes vécue.

    Ce sont des cas de surinvestissement historique de la part de quelque dirigeants politiques, qui ont - eux-mêmes - des comptes à régler avec l’histoire de leur famille. C’est très compréhensible, et sans doute louable, mais ça n’a certainement pas vocation à contaminer le débat public.

    15 décembre 2009
    Hamza a dit :
    Sympa ! Vraiment bien joué ! J’espère qu’il y aura une seconde partie ...
    15 décembre 2009
    une lectrice a dit :

    Merci M. Bauberot d’être une des voix qui fait honneur a la France et a ses "valeurs", que votre compatriote et ses comparses dénaturent si souvent ; valeurs dont ils usent et abusent sans jamais réellement en questionner le sens.

    Cette France de la liberté, de l’égalité et de la fraternité ; cette France confiante et lucide, qui se connaît et qui se respecte, on ne pourrai que l’aimer et ne jamais vouloir la quitter.

    14 décembre 2009
    voyons maintenat la réponse de mr Sarkozy....
    14 décembre 2009
    Abousalem a dit :
    l’historien Ernest Renan répondait à l’épineuse question "Qu’est-ce que la Nation ?" en ces termes : " Une nation est une grande solidarité constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposés à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désire clairement exprimé de continuer la vie commune. L’existence d’une nation est ( pardonnez-moi cette métaphore) un plébiscite de tous les jours, comme l’existence d’un individu est un affirmation perpétuelle de vie.... Plus loin, l’historien ajoutait Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de coeur, crée une conscience morale qui s’appelle une nation." Je ne crois pas que cette définition soit mal conçue par tous ceux qui ont fait le choix de vivre en cette douce France.Et chaque jour les français de toute origine sont plébiscités dans leur quotidien.La preuve est que le nombre de martyres qui ont donné leur vie pour la France le faisait dans un contexte de la lutte contre la tyranie banie par la religion de ceux que leurs minarets dérangent aujourd’hui.Sans oublier , qu’au Maroc , mon pays les engagés étaient persuadés qu’ils combattaient dans le cadre d’un jihad pour une cause sacrée, et l’appel à ce "Jihad" résonnait par les muezzins au haut des minarets des mosquets.Ces minarets qui représentent actuellement un danger pour l’identité nationale. Heureusement que l’Histoire n’a pas d’identité sinon elle serait interprétée selon les tendances.
    14 décembre 2009
    Elwahraanii a dit :

    Abou Tahar al-Tlemceni écrit :

    "si en 1848 l’Algerie est devenue francaise (trois departements ajoutes a la metropole) les Algeriens, eux, ne le sont jamais devenus."

    Ce n’est pas entièrement vrai. Ils étaient légalement français mais ce sont les autorités pieds noirs qui leur mettait des bâtons dans les roues pour obtenir leurs papiers français. Et les obliger, officieusement, à se convertir.

    14 décembre 2009
    Elwahraanii a dit :

    Bel article !

    "Avant, par politesse, il faut que je me présente très brièvement. Ma famille provient de Constantine, ville française depuis 1837 et chef lieu d’un département français depuis 1848. Nous sommes donc d’anciens Français."

    Les discours des membres du gouvernement de Sarkozy nous disent que la présence de l’Islam en "France" date des vagues d’immigrations venant du Maghreb. C’est-à-dire principalement après la 2ème guerre mondiale. Et que donc c’est "normal" de légiférer contre le port du voile, les minarets et le niqab qui ne font pas partie du "paysage culturel français".

    Historiquement et juridiquement, c’est exactement l’inverse ! C’est la République Française qui a introduit de son plein gré l’Islam en son sein bien avant l’arrivé des immigrés en France métropolitaine en allant coloniser l’Algérie en 1832.

    Les territoires d’Algérie ont été inclus comme départements au sein de la République Française avant le milieu du 19ème siècle. Or les populations de ces départements, comme de bien entendu, étaient en majorité musulmanes. Et que je sache, c’est cette même République Française qui a adapté le droit français aux us et coutumes des population dans ces départements d’Algérie ? N’est-ce pas ? Il y avait des mosquées en Algérie et, par exemple, les femmes musulmanes à Oran portaient le niqab (voile blanc) et déambulaient sans problèmes dans les rues et les lieux publiques de la République Française depuis l’arrivée des français en Algérie ?

    Donc la présence de l’Islam dans la République Français est bien antérieure à l’arrivée des immigrés maghrébins en France métropolitaine ?

    Pourquoi cette confusion sciemment entretenue dans les discours des membres du gouvernement entre la "France" et la République Française ? Nous savons ce qu’est cette dernière mais quid de "la France" ?

    Y-a-t-il une différence entre "La France et la "République Française" ? Si oui, laquelle ?

    14 décembre 2009
    amazone a dit :
    A Mathieu Remy : Pourquoi parler d’appel à la prière ? Les musulmans en France n’ont demandé ni minarets ni d’appels à la prière ! Ils veulent des lieux de priéres dignes de ce nom ni plus ni moins. Le reste n’est que broderie !
    14 décembre 2009
    Abou Tahar al-Tlemceni a dit :
    Bonne tribune dans le sens ou elle corrige bien le tir de la missive de notre tres cher et honorable president... Une remarque importante du point de vue historique : si en 1848 l’Algerie est devenue francaise (trois departements ajoutes a la metropole) les Algeriens, eux, ne le sont jamais devenus. Indigenes ils naissaient, indigenes ils mouraient (y compris sur le front des guerres francaises). La condition pour devenir francais (et ce jusque en 1945) etait de renier sa foi islamique. Cette politique d’assimilation par renoncement identitaire fut un echec massif, sauf, helas, chez nos amis Kabyles qui a 15% d’entre eux apostasierent pour choisir le catholicisme...
    14 décembre 2009
    Mathieu Remy a dit :

    Jolie réponse.

    Je ne m’aventurerai pas à estimer l’efficacité du propos sur la cible. L’argument de l’accueilli / accueillant sur une telle personnalité risque fort de ne pas trouver echo...

    Par contre, sur le (futur) débat au sujet des minarets, je m’interroge. En quoi un minaret pourrait-il causer du tors à qui que ce soit ? En dehors de considérations esthiques relatives au paysage urbain, je ne vois vraiment pas. Si tel est le cas, interdisons déjà les immeubles de plus de 7 étages !

    Non, soyons honnêtes, le vrai problème, c’est l’appel à la prière. Voilà ce qui dérange. Les gens sont habitués à entendre les cloches sonner les heures, les demie-heures, les angelus et les appels à la messe. Ils ne l’entendent même plus. Quant à ceux qui s’en rendent comptent pour la plupart ils en apprécient l’ambiance sonore qu’elles créent.

    Finalement, ne la voilà-t-elle pas la vraie raison de ce débat sur les minarets. Les gens ne veulent pas ajouter au son des cloches des églises, celui des appels à la prière.

    Pourtant, dans une société laïque comme la notre l’un pourrait légitimer l’autre... Ou bien l’inverse, l’absence de l’un pourrait illégitimer l’existence de l’autre.

    Vous avez compris où je voulais en venir. Les personnalités politiques parlent des minarets car ils possèdent un caractère religieux fort et permettent ainsi la polémique. Mais le problème de fond, celui de la présence sonore quotidienne du fait religieux n’est pas traité. Le risque serait-il trop grand d’en venir à des conclusions qui pourraient remettre en cause l’existant, la tradition française, le poids du catholicisme dans le concept actuel de laïcité en France ?

    14 décembre 2009
    DELIA a dit :
    UNE VERITABLE BOUFFEE D’AIR FRAIS
    14 décembre 2009
    Amadeus a dit :
    A Réno : Au lieu de vous étaler sur le monde musulman balayez devant votre porte... en attendant c’est le patrimoine national qui fait l’identité nationale de notre pays qui est bradé ...je vous renvois à un super article paru dans le nouvel obs à ce sujet !
    14 décembre 2009
    Adam Vignard a dit :

    Je salue le ton et le contenu de cette missive, bouffée d’air frais à destination du cynisme politique, pour ne pas dire autre chose...

    Une bouffée d’air d’autant plus fraîche qu’il n’aura échappé à personne que le ministre Christian Estrosi a récemment ouvert une comparaison entre les musulmans de France et les juifs de l’Allemagne nazie à ses prémices...

    14 décembre 2009
    lisa a dit :
    Reno cessez de vous regarder le nombril et vous verrez les choses sans haine mais avec justesse et hauteur. Ce qui vous epargnera du ridicule.
    14 décembre 2009
    lisa a dit :
    Tout simplement excellent ; avec finesse et humour.Merci.
    14 décembre 2009
    Professeur Chems Eddine Chitour a dit :
    Belle lettre qui permet de situer elegamment les enjeux. Une peite rectification mineure il y eut 170.000 morts nords africains. Ceci dit ce plaidoyer pour la tolérance pourrait être complété en ajoutant que la paix entre l’Eglise et la République est venue en partie d’un modus vivendi : La République ayant laïcisé les attributs de l’Eglise. Sur les 11 jours chômés dans l’année 9 sont à caractère relgieux- on se souvient du tollé povoqué par la proposition de la commission Stasi de permettre que l’Aid el Kebir et la fête Juive du kippour soit déclarées fêtes nationales chômées et payées. Ceci comme compensation à propos de la loi sur le foulard. Dans certains pays au Moyen Orient chaque religion chrétienne juive ou musulmane peut "chômer légalement" un jour par semaine (vendredi samedi ou dimanche) La France est elle prête à une semaine à géométrie variable si elle veut que la République soit véritablement equidistante des religions ? Encore une fois merci à monsieur Jean Bauberot qui a pu trouver les mots pour être l’avocat de tous ceux qui veulent vivre d’une façon apaise leur spiritualité àl’ombre des lois de la République.
    14 décembre 2009
    amazone a dit :

    Trés bonne intervention, argumentée à souhait et qui prouve, que la meilleure réponse à nos détracteurs sont : la culture, l’intelligence et la connaissance de l’histoire de son pays.

    "C’est en sachant d’où l’on vient que l’on sait où l’on va"

    14 décembre 2009
    shanez a dit :

    A Réno : "Serai-je publié ?" Mais bien sûr que vous serez publié : la preuve !

    "On attend du monde musulman qu’il autorise chez nous ce qu’il interdit chez lui...". Même cette perle est publiée c’est dire !

    14 décembre 2009
    Faki a dit :

    A Reno, qui aime sa liberté et ne veut pas devenir un dhimmi

    Avez vous lu le texte ? Comprenez vous le sens du texte ? Vos remarque n’ont pas de sens. En effet vous nous parlez des "pays Musulman", mais le texte LUI parle des Musulman Francais. Vous ne faites que reprendre les déclarations de l’extrême-droite, personnes qui ont peine a comprendre que nous somme Francais (et comme le montre si bien le texte, nous avons etaient francais bien avant un grand nombre de nos compatriots...). Ce qui se passe dans d’autre pays, musulman ou pas, ne change en aucun cas notre constitution, et le droit de tous francais a vivre pleinement leur foi.

    Amicalement votre.

    14 décembre 2009
    Jean-Michel CROS a dit :
    @ Reno : "on attend du monde musulman qu’il autorise chez nous ce qu’il interdit chez lui". Bien étrange formule. Pour ma part, je souhaite que l’on autorise partout ce que nous autorisons ici, en commençant à balayer devant ma porte. Bel exemple ce confusion intellectuelle que ce lapsus !
    14 décembre 2009
    Jean-Michel CROS a dit :
    Excellent article, qui remet, avec esprit, les choses à l’endroit !
    14 décembre 2009
    Un seul mot : Bravo monsieur Mouloud Baubérot pour cette magistrale réponse au premier magistrat de la République française ! moha
    14 décembre 2009
    Reneabel a dit :
    Lettre excellente ! Un vieux protestant, français "de souche" (= ?), qui trouve ridicule et dangereux ce que l’on entend souvent sur "les minorités" : elles contribuent, depuis des siècles, à donner à notre pays ce visage humain qui doit rester le sien. Et que vivent les différences...
    14 décembre 2009
    Reno, qui aime sa liberté et ne veut pas devenir un dhimmi a dit :

    Serai-je publié ?

    Cet esprit de liberté est tellement impressionnant qu’on se demande s’il pourrait exister dans un pays arabo-musulman...

    On ne peut qu’admirer. Les Communistes avaient leurs "compagnons de route", qui, paraît-il, ne soutenaient pas, mais soutenaient quand même. Enfin bon...

    Bien des gens ont une famille qui n’aimait pas la dictature, de l’Islam, de l’extrême-droite ou d’ailleurs... Ils ont eu de sacrés ennuis.

    On adore les "compagnons de route" qui nous font de belles déclarations. Quand une bombe explose : ils pleurent...

    On attend du monde musulman qu’il autorise chez nous ce qu’il interdit chez lui...

    13 décembre 2009
    Vivement la suite de cette étonnante et brillante étude de texte.
     
    Oumma Television Pakistan 2010

     





     

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