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Vendredi 12 Mars 2010
Articles
Non à une nouvelle diabolisation de l’Islam, oui à la finance islamique dans l’intérêt de notre pays !
mercredi 6 janvier 2010 - par Hervé de Charette

En exclusivité sur Oumma.com, Hervé de Charette, Président de l’Institut Français de Finance Islamique, signe un droit de réponse pédagogique et éclairant, qui bat en brèche la rhétorique désormais convenue de la peur, reprise à son compte par l’observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires le 20 novembre dernier, sous le titre annonciateur d’un parti-pris sans nuances : « La finance islamique menace la laïcité française ».

Sous une plume alerte et convaincante, l’ancien ministre des Affaires Etrangères, à la tête de l’Institut Français de Finance Islamique porté le 9 décembre sur les fonts baptismaux, lors de la troisième édition du Forum Français dédié à la finance « Shariah compatible », apporte la contradiction étayée à une polémique spécieuse, qui se complaît dans la propagation d’une fantasmagorie obscurantiste et stérile.

A découvrir prochainement sur OummaTV : le reportage sur la Troisième Edition du Forum Français de la Finance Islamique.

Après les minarets, la finance islamique sera-t-elle interdite de droit de cité ? On peut le craindre à la lecture du point de vue publié le 20 novembre dernier sous le titre « La finance islamique menace la laïcité française ».

Diantre ! L’affaire semble sérieuse. Hélas, l’argumentation qui la sous-tend l’est beaucoup moins. D’abord, par l’emploi de phrases délibérément exagérées qui ont pour seul but de faire peur : « la Charia a tenté de faire son entrée dans la législation française » ou encore « la France se doit de ne se plier aux impératifs d’aucune religion ». Ensuite, par le recours à la théorie du complot. A lire cette tribune, on vous cache tout, on ne vous dit rien : « dans le cadre feutré », « dans la moiteur de juillet » jusqu’à ce que « l’affaire éclate au grand jour ».

Or, cette question est ouvertement en débat depuis de longs mois et personne ne s’en cache. La preuve, les colloques, conférences de presse, articles et ouvrages se sont multipliés à ce sujet. Enfin, dernier procédé rhétorique spécieux : en introduction on nous annonce vaillamment que le « Conseil constitutionnel a écarté le danger, provisoirement il est vrai, en attendant une nouvelle offensive » mais il faut attendre la deuxième moitié de la tribune pour apprendre qu’il s’agissait non pas d’une décision sur le fond mais d’une censure de pure forme.

Pourtant, la finance islamique ne mérite ni excès d’honneur ni excès d’indignité. Essayons de faire la part des choses en ayant pour seule boussole l’intérêt de notre pays.

De quoi s’agit-il au juste ? La finance islamique est apparue dans les pays musulmans en raison de l’interdiction qui est faite dans le Coran du prêt à intérêt, le « riba ». Si l’origine est religieuse, la finance islamique – comme son nom ne l’indique pas – vise précisément à contourner cet interdit pour répondre aux besoins d’une économie moderne. Ce qui a donné un système ingénieux et innovant qui repose sur quelques principes simples : l’adossement à l’économie réelle, la rémunération en fonction des flux de trésorerie, le partage des pertes et profits entre le prêteur de capitaux et son emprunteur. On est bien loin d’un quelconque débat sur le sexe des anges !

Pourquoi faut-il adapter notre législation pour accueillir la finance islamique ? Du fait de son récent développement international, la finance islamique est généralement victime d’obstacles législatifs et de surcoûts fiscaux. C’est pourquoi de nombreux pays, la Grande-Bretagne ou l’Allemagne par exemple, ont adapté leur législation pour éliminer ces obstacles et ces surcoûts. L’enjeu pour la France est donc de participer à ce mouvement afin d’être capable d’attirer elle aussi ces investissements pour le développement de notre pays.

La France doit donc prendre en marche le train de la finance islamique. Cela ne nécessitera pas de révolution juridique. En réalité, il s’agit surtout d’éliminer quelques « frottements » réglementaires et fiscaux qui, aujourd’hui, rendent les instruments de la finance islamique plus onéreux que les instruments standards.

Et la laïcité ? Les adaptations qui sont nécessaires ne reviennent nullement à importer la Charia dans notre législation en contravention avec le principe de laïcité auquel nous sommes tous attachés. Bien au contraire !

Il s’agit en réalité d’appliquer le principe de neutralité qui est au cœur de la laïcité : l’objectif est de rendre notre législation fiscale neutre vis-à-vis de la finance islamique alors qu’aujourd’hui elle souffre d’une certaine forme de discrimination. Au surplus, ces adaptations sont similaires à celles qu’opèrent les conventions visant à empêcher les doubles impositions, que nous signons plusieurs fois par an avec des pays étrangers : et pourtant, à chaque fois, personne n’ose dire que la France est en train de « plier » !

Je demande aussi qu’on veuille bien replacer la finance islamique dans le contexte plus général de la demande croissante de la population pour des instruments financiers éthiques, respectant les convictions sociales, environnementales ou religieuses des consommateurs. De telles initiatives voient le jour un peu partout, y compris au sein de l’Eglise catholique. La finance islamique n’est que le simple avatar de cette démarche qui n’a, en soi, rien de choquant.

Est-ce dans l’intérêt de la France ? La réponse est trois fois oui !

Oui, car la finance islamique représente une véritable opportunité géopolitique. Alors que nous devons faire face au risque de choc des civilisations que beaucoup alimentent en cultivant les clichés et les fantasmes, il n’est pas anodin de pouvoir créer des liens financiers, en plus des liens commerciaux, à travers la planète et notamment entre l’Occident et le monde musulman. Le développement de la finance islamique apparaît ainsi, potentiellement, comme le prolongement du « doux commerce », facteur de paix cher à Montesquieu.

Oui, car la finance islamique permet de répondre aux besoins de financement de la France. Notre pays a grandement besoin d’investir pour son avenir comme en témoigne le « grand emprunt ». Pour cela, il doit être en capacité d’accueillir favorablement les investisseurs originaires du monde musulman qui souhaitent contribuer au développement de notre appareil productif et de recherche. Il ne faut pas plus rejeter la Finance islamique qu’il ne convient de refuser les fonds souverains au nom de je ne sais quel prétendu patriotisme économique dont le sens ne peut pas être le même aujourd’hui qu’hier. Il y va de la croissance présente et future.

Oui, car nous devons renforcer ce qu’il est convenu d’appeler la « place de Paris », c’est-à-dire notre système financier et notre capacité à le réguler. La raison en est simple : une place financière dynamique et « profonde » permet d’offrir à nos entreprises, les grandes mais surtout les moyennes qui cherchent à grandir, les moyens de leur développement. Ceci est d’autant plus vrai qu’avec la crise financière internationale, les acteurs du système financier réduisent la voilure et vont se concentrer dans quelques grandes places.

Paris doit en être et pour cela elle doit pouvoir compter sur l’apport non négligeable de la finance islamique. En renforçant la place de Paris, la capacité de la France d’influer le débat sur la régulation financière internationale sera plus importante. Les régulateurs ont intérêt à ce que la finance islamique soit à Paris et pas à la City !

Formons un vœu en forme de conclusion. Que le débat sur la finance islamique, qui est légitime et que nous ne refusons pas, soit un débat où la raison l’emporte sur les passions. Au moment où notre pays est traversé par un grand débat sur son identité, nous n’avons pas besoin de fatwas. D’où qu’elles viennent.

Vos réactions et commentaires sur cet article

12 janvier 2010
Reno a dit :
Si la finance islamique avait des avantages, les états arabes non pétroliers seraient développés. Priez pour que ça change...
11 janvier 2010
amazone a dit :

A Mamyli :" Amazone est un personnage mythique peu coutumier des injures... Elle ou il traite Sophie de "pollution", lui reprochant son français ! "

J’ai tendance parfois à descendre au niveau de mes interlocuteurs même si cela ne me fait pas honneur. Nous ne sommes que de "pauvres pêcheurs"...merci cependant d’avoir souligné ce fait.

Toutes mes excuses à Sophie, même si à une injure la seule réponse ne peut être que l’injure !

10 janvier 2010
vigilanceetjustice a dit :
juste une remarque ici, j’ai le sentiment qu’il y’a une grande confusion chez certain de ce qui est la laïcité. La laîcité n’est pas l’absence de religion dans une société, mais encore la laîcité à la française a été mise en place pour permettre garantir la liberté de conscience et de faire coéxister athée , agnostique et les autres religions connues. et une des conditions pour permettre cela est que l’Etat ne reconnait pas un culte prticulier pour cela elle s’est séparé de l’Eglise. Si une finance islamique permet de résoudre certains probléme liés aux dérives du capitalisme et libéralisme et moralisé les pratqiues économiques et bien pourquoi pas quitte à apporter des aménagements pour qu’elle ne soit essentiellement encadrés par des religieux. De tout manière toutes les bonnes volontés doivent être convoqués pour lutter contre l’ultralibéralisme et le capitalisme actuelle qui sert de vecteur à la mondialisation. cette lutte est nécessaire parce que ce systeme est destructeur d’un point de vue écologiques , sociale ,humains. Ce systeme est facteur de guerres pour s’emparer des richesses de cettes terres , ils fabriques des dictateurs à la solde des puissants industriels. certains diront, oui mais ce modéle a permis de créer des richesses et de développer certains pays. Maais ce developpment à eu un cout énorme pour la planete et la santé humaine. Il a produits des richesses mais elles ont été réparties de maniéres inégalitaires. Ceux qui triment dans les champs ,sur les chaines de montages n’ont eu que des miettes. Alors que M. Bolloré , Dassault, Rostschield , bill gates, bernard arnault et compagnies s’em mettent plein les poches et s’ahetent un deux bateaux et biens ostentoires , le salarié de base souffrent au travail , s’inquiete de son avenir au main d’actionnaire de plus en plus avide de rendement finananciers.C’est contre cette sociétés de rapace que doit lutter la finance islamique et si réeelement l’islam est sa réference
9 janvier 2010
Mamyli a dit :
Les bloggeurs ne sont guère modérés. C’est un signe des temps. L’échange Amazone-Sophie est pourtant navrant. Amazone est un personnage mythique peu coutumier des injures... Elle ou il traite Sophie de "pollution", lui reprochant son français ! Sophie n’est pas plus tendre et pourrait bien ainsi provoquer ses malheurs, parlant vulgairement d’une "foutue" religion sans même s’en apercevoir. Hervé de Charette, un français de souche dit au contraire aux français musulmans que la co-opération est possible avec "le monde musulman". Telle est bien la question. Parler du monde musulman m’apparaît tout aussi excessif. Il serait sans doute plus précis de dire que la France fait appel à des capitaux venant de musulmans orientaux. Elle redoute certes des "fetwa" en langue arabe et la dénonciation de laïcistes en langue française. Ces deux courants linguistiques pourraient bien ne pas savoir ce qu’est l’économie d’un pays même s’ils y vivent. Ils ignorent de plus les principes de la finance islamique. La laïcité ne pourra empêcher la multiplicité des religions et le Coran lui-même prévoit la co-existence de communautés religieuses jusqu’à la fin des temps. Avant cette échéance, l’économie et l’écologie devront veiller à la satisfaction des besoins de tous les hommes de quelque religion qu’ils soient. Le problème est sans doute que beaucoup ne croient pas à la vie commune ! Je dirais même à la vie tout court par delà les injures !
8 janvier 2010
Rachid Zani a dit :

Bizarre, bizarre,comme c’est bizarre !

ce "drôle de drame",

Quid de "louis ou michel" ?

Ou est passé la "foutue"censure ? Trop occupée sans doute à traquer le méchant islamiste et le dénoncer aux autorités.

Qui est-ce qui nous a "foutu" cette "foutue" censure ?

C’est votre "foutue" opinion Sophie, posez vos "foutues" questions plus simplement.

Merci.

8 janvier 2010
francais arabe noir jaune humain a dit :
enfin Ali Badou commence à réagir pour les insultes dont nous avons le droit tous les jours. Il a réagi au commentaire de christophe "je ne sais pas comment l’appeler" dans le grand journal de canal+. du 7 janvier 2010. Bravo Ali et j’espère que tu n’auras pas de problème d’avoir dit tout simplement : "On ne peut plus de ce débat de haine"
8 janvier 2010
amazone a dit :
A Sophie :"en fait pour moi c’est un outil comme un autre de venir nous squatter en vous imposant et votre foutue religion ..." et vous si vous pouviez juste eviter de vous imposer sur ce site avec un français aussi approximatif cela pourrait nous éviter une pollution visuelle et auditive !
8 janvier 2010
Si je comprends bien, une chose est certaine, si les musulmans étaient"pétés de thunes", le traitement à leur égard n’en serait que favorable:comme quoi l’argent n’a pas d’odeur.
8 janvier 2010
Sophie a dit :
pourquoi la finance islamique doit venir ici ? Je suis pas étonnée que la france l’accueille à bras ouvert vu les conséquences de la finance occidentale on prend tout ce qui se présente, maintenant quand on voit ce qui se passe à dubaï je me demande si la finance islamique ne s’occidentalise pas car là il n’y a pas pire exemple ! en fait pour moi c’est un outil comme un autre de venir nous squatter en vous imposant et votre foutue religion ...
8 janvier 2010
Hayat a dit :

Salam Adapa,

Je ne suis pas très "calée " en droit mais à première vue, ce que vous dites me semble assez erroné :

"le seul fait de reconnaitre la finance islamique est une atteinte à la laïcité, puisque l’état laïque ne reconnait pas de religion. Donc comment pourrait il reconnaitre l’autorité d’instances religieuses musulmanes dans la finance ?"

Si le principe que vous ennoncez est vrai alors, comment se fait il que l’Etat ait activement participé à la mise en place du CFCM ?

Comment se fait il que, dans le domaine de l’éducation, il agrée et finance des établissements privés religieusement orientés ?

8 janvier 2010
Mamyli a dit :
Adapa pose une bonne question : quelle est l’autorité dirigeante de la finance islamique. Le paradoxe est précisément que ce ne sont pas les financiers qui ne voudraient gagner que de l’argent. Il convient alors de distinguer entre les moyens et les fins. Je le répète, tout le monde en notre temps et en Europe particulièrement a besoin d’argent. L’économie islamique va exiger la co-opération du capital et du travail. Vous n’oubliez pas qu’en islam aucune autorité n’est reconnue, à l’exception de celle de Dieu qui a donné aux hommes une raison et qui dénonce l’injustice. Que l’on soit ou non musulman, cette dénonciation des causes de la crise économique mondiale, n’est-elle pas intéressante, y compris pour les amoureux de la laïcité ? à bientôt. Liliane Bénard
7 janvier 2010
Mamyli a dit :

Parler de finances islamiques peut apparaître contradictoire comme le culte de Mamon, celui de la richesse. Un autre sens nous est aussi disponible comme une gestion plus juste de l’argent. Les croyants ont besoin d’argent pour survivre et se développer. Les principes que respectent les musulmans pourraient bien avoir un grand intérêt pour l’économie mondiale. Dès 1970, et en langue française, Muhammed Hamidullah exposait ces principes. Il rappelait d’abord :

" Il n’y a probablement pas une seule religion qui n’ait interdit l’usure ; le trait distinctif de l’islam est qu’il a non seulement interdit ce genre de gain, mais aussi supprimé les causes de cette plaie de la société. " On sait bien ce dont souffrent les familles et les entreprises surendettées ! Il est vrai que le Coran en parle aussi et la relation emprunteur-prêteur a certes traversé les siècles. Mohammed Hamidullah explique l’interdiction du prêt à intérêt lorsque le risque est unilatéral :

"On emprunte une certaine somme pour la faire frructifier, mais il se peut que les circonstances ne soient pas propices et que l’on ne gagne pas assez pour payer l’intérêt ; or celui qui prête l’argent ne participe pas aux risques de l’entreprise."

Il ajoute : "On ne peut pas "obliger" les particuliers à se "priver" de leur argent pour le prêter aux autres gratuitement et sans intérêt..." Un système de mutualité ou d’état doit donc garantir le prêteur sans affammer l’emprunteur...

Au delà des prêts aux particuliers,à gérer justement, il parle d’emprunts commerciaux et du système islamique du mudâraba : "on prête l’argent et l’on participe à la fois aux gains et aux risques (dans le cadre de sociétés anonymes par exemple en notre temps) avec la répartition capital-travail." Il ne s’agit pas que seuls gagnent les possesseurs de capitaux.

Les banques font certes un travail : transfert de fonds, garde des épargnes et investissements. Les prêts pour le commerce, pour l’industrie ou pour tout motif économique ne sont alors justes que si le banquier participe aux risques de ses débiteurs aussi bien qu’à leurs gains.

Les progrès actuels de la législation économique va bien dans ce sens à savoir celui de la justice demandée à la fois aux croyants et aux incroyants même si pour les premiers l’initiative est divine et sans contradiction avec la raison humaine.

Il convient certes de rester vigilant mais aussi de revoir les principes de l’économie islamique.

7 janvier 2010
adapa a dit :

C’est bien beau Mr de charette de dire que la laïcité n’est pas menacée. Sauf si le système est dirigé ou contrôlé par des instances religieuses musulmanes. En fait le seul fait de reconnaitre la finance islamique est une atteinte à la laïcité, puisque l’état laïque ne reconnait pas de religion. Donc comment pourrait il reconnaitre l’autorité d’instances religieuses musulmanes dans la finance ?

La seile façon de faire laïque sur le sujet, ce serait de dissocier, le système de l’islam et d’en faire juste un système sans intérêt, contrôlé par des instances neutres religieusement, donc laïques.

7 janvier 2010
Hayat a dit :
Je ne vois pas du tout, Stoch, ce qui empècherait un non - musulman de "consommer" un produit bancaire "islamique", de même qu’il existe déjà dans le domaine bancaire des alternatives qui vont dans un sens similaire (cf. certains produits proposés par le crédit coopératif, l’organisme financier éthique "la Nef"...). Cordialement.
7 janvier 2010
stoch a dit :
Les non musulmans,dont je suis,pourront ils profiter de la finance islamique ? Dans le cas contraire,quid de l’égalité républicaine ?
7 janvier 2010
vigilanceetjustice a dit :
C’est curieux que quand il s’agit de finance et d’argent des musulmans on trouve quelques bonnes âmes pour reconnaitre que les muslmans sont victimes d’islamophobie et qu’ils servent surtout à fabriquer et a entretenir le sentiments de peur chez les français. Peur qui devient actuellement le seul moyen de faire et d’apprehender la politique. t autre question je me d"emande que fait ce monsieur à la tête d’un organisme qui concerne avant tout les musulmans et leurs ressources financière. Il convient d’être méfiant par rapport a ce concept de finance islamique : beaucoup d’institution bancaire y voit un moyen de se faire du fric sur le dos des musulmans. La finance islamique doit surtout répondre à une éthique véritable. Or sur le peu que j’ai sais la différence avec la finance classique est surtout d’ordre sémantique et de vocabulaire utilisé ou l’intêret n’est plus appelé intêret mais désigné par un terme ou vocabulaire employés dans l’islam mais sur le fond on se demande ou est la différence ? Je crois que l’éthique est au coeur de la finance islalmique et l’économie en génerale. Or si on prend l’exemple de Dubaï ou la Charia est appliqué, ce pays exploite d’une manière ignobole et sans vergogne les ouvries indiens et pakistanais pour construire leur projet pharaoniques . dans ce pays les droits les plus élémentaires ne sont pas respectés , les ouvriers étarngers sont traités comme des infra-humains sans droits syndicales et victimes de racismes. Ceci ne pet être qualifié de Charia , cette injustice n’est pas conforme à l’islam. Avant de s’enthousiamer pour quelquechose qui est indispensable pour les msulmans (comme les banques musulmanes) soit vigilants sur ce qu’il y’a derrière. Demandons nous si ce n’est pas une ruse du capitalisme et du libéralisme sauvage , qui sous couvert de finance islamique va innover dans de nouvelles formes d’exploitaion.
6 janvier 2010
medi a dit :
le racisme anti arabe a de beaux jours devant lui quand on voit le ramassis de médiocrité à la tête des etats arabes, quand on voit que le frontière entre le maroc et l’algerie est fermée au 21ème siécle, un véritable anachronisme, les pays arabes renvoient systèmatiquement l’image de perdants, nous n’avons rien gagné depuis Saladin, aux jeux olympiques à la coupe du monde de foot absolument rien, coté recherche, culture, musique, cinéma ou création d’entreprises c’est le néant. Aucun pays démocratique, que des dictatures ou des théocraties, pas étonnant qu’il y ait autant de frustration dans ces pays et que nous soyons la risée en France et dans le monde, je me mets à réver un jour ou marocains et algériens franchiront ensemble cette fichue frontière, car je pense vraiment que l’avenir du monde arabe passera pas le Maghreb, je ne demande pas un programme spatial ou aéronautique mais avant de faire des choses complexes faisons déjà des choses simples. merci de me poster.
6 janvier 2010
soumi a dit :

Si un mode de financement d’éthique islamique peut permettre de soutenir des projets à vocation sociale et humanitaire, je trouve que c’est une excellente idée de soutenir ce type d’initiative qui serait respectueuse des préceptes inculqués par notre Prophète sur lui La Grâce et La Paix d’Allah. Mais je trouverais cela très gênant s’il s’agissait de financier des projets dont les bénéficiaires n’ont d’autre objectif que le confort d’ici bas. Nous devons tenir compte dans notre courte vie du respect de la création d’Allah ’azza wa Jall dans sa globalité. Une finance dite "islamique" qui favoriserait une production et une consommation injuste vis à vis du Monde (Homme, animal et végétal...) par une mauvaise répartition des richesses (surtout liée à l’amour d’ici-bas) ce n’est pas, à mes yeux, du tout cohérent. Malheureusement, je sens qu’il ne s’agit que d’un argument marketing à fort potentiel utilisant de manière trompeuse l’éthique musulmane. A nous, musulmans, d’utiliser cet outil à des fins utiles surtout pour l’Au-delà et ne pas se tromper d’objectif.

Allah est le plus Savant.

6 janvier 2010
CB a dit :

@ Abdelkader Dehbi

Pourtant le terme "contourner" (plutôt qu’"abolir"...) est bien employé par d’autres, notamment Maxime Rodinson, qui a produit des travaux pointus sur la ribâ(voir La révolution économique moderne et l’islam in Marxisme et Monde Musulman, pp 201 à 235, Seuil, 1972, ou dans les Mémoires de Rodinson). Ce n’est pas Hervé de Charette qui le décrète... Dès les premiers siècles de l’islam sont produits des mécanismes canoniques qui permettent de maintenir une activité commerciale avec bénéfices... Plus récemment, le conseil européen de la Fatwa (Qaradaoui, Mawlawi) s’est penché sur la question, eu égard aux problèmes que cela posait pour l’acquisition de biens immobiliers. Elle devient possible dans des cas limités et selon des principes bien spécifiques.

6 janvier 2010
Faki a dit :

J’aimerais aussi porter l’attention sur un fait qui n’ai pas mentionné, la finance "Islamic" n’est pas si Islamic que cela, elle est juste une meilleur alternative au capitalisme sauvage. Je ne vais pas entrer dans les details mais, vous devez savoir que la finance Islamique comme proposé de nos jour et très similaire au system deja établie. La finance Islamic propose plusieurs produit mais en resumé elle fonctionne comme cela, par exemple au lieu de parler d’interet la banque Islamique vous parleras de loyer renegociable tous les 6 mois( basé sur le taux d’interet de la banque de France). Avec des amies ont a organisé une conference en Angleterre sur le sujet et invité un specialiste (Tarek El Diwany)qui a travaillé dans la finance Islamique en Angleterre et ailleurs depuis plus de 15 ans. J’espere pouvoir poster la video sur Youtube dans les prochaines semaines mais elle est en Anglais (J’essaierais de faire l’effort d’ajouter des sous titre en Francais, mais je le ferais probablement sur une second video car je suis tres occupé en ce moment).

PS : Une phrase de Tarek qui ma beaucoup marquée, je quote " Si l’on me demande quel est l’Islamic alternative au banque, cela serait PAS DE BANQUE. Car le system banquaire connue est basé sur l’intéret. Cela reviendrai a me demander quel est l’Islamic alternative au Cigarette, PAS DE CIGARETTE". Il a aussi ajouter que l’actuelle system economic a besoin d’etre completement repenser pour etre Islamiquement viable. Le dernier conseil qu’il a donner sur la question, est d’eviter l’emprunt tant que possible.

http://www.theproblemwithinterest.com/

Amicalement Votre

6 janvier 2010
Halim a dit :

Certains, au nom d’une conception dévoyée de la laïcité, ou plus simplement en raison d’un racisme anti-arabe mal dissimulé, voudraient que l’on tourne le dos à des capitaux colossaux, qui ne sauraient qu’être bénéfiques à la croissance de notre pays ...

Vraiment, « les chevaliers laïcards » ne savent plus quoi inventer pour se rendre intéressants !

6 janvier 2010
Jakobus a dit :

Ma foi, dommage qu’il faille passer par le "doux commerce" pour avoir des relations harmonieuses avec autrui. Comme s’il ne suffisait pas de voir en chacun(e) son humanité. Tout simplement. Quant au commerce mondialisé et libéralisé, on a vu les dégâts qu’il peut faire.

Pour ma part, je verrais bien par contre une interdiction du prêt à intérêt tout court, finance islamique ou pas. Je ne vois pas à quelle rémunération le capital peut prétendre ni quel mérite il y a à en posséder (du capital). Mais cela certes nous amènerait loin : par exemple, à en finir avec le capitalisme.

6 janvier 2010
Abdelkader DEHBI a dit :
M. de Charette écrit : ""Si l’origine est religieuse, la finance islamique – comme son nom ne l’indique pas – vise précisément à contourner cet interdit pour répondre aux besoins d’une économie moderne.""— Le terme "contourner" me paraît inadéquat, parce qu’on ne ruse pas avec Dieu.
6 janvier 2010
Bob a dit :
Merci Mr de Charette, très belle remise en perspective, excepté peu être l’argument de la neutralité vis-à-vis de la finance islamique qui est un peu tiré par les cheveux…

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